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 morgana — we suffer everyday, what is it for?


Messages : 66
Points : 36
Date d'inscription : 28/04/2016
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Morgana D. Richardt
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Jeu 28 Avr - 20:27


MORGANA DÉSIRÉE RICHARDT
nom : richardt
prénom : morgana désirée
surnom : mdr? morg(ue)? it's up to you guys
genre : nana mais des fois, on doute un peu
âge : vingt-six ans
activité/hobby : le trafic d'organes, principalement.
métier : thanatopracteur dans une morgue située dans le centre-ville.
groupe : gaïa
orientation : who knows? u don't (nor she)
statut civil : elle aime son célibat


me, myself & I
Le sentez-vous ? Ce doux effleurement, cette brève caresse qui vient imperceptiblement se déposer sur votre corps.

Le sentez-vous ? Ces membres qui s'engourdissent, ces mots butant contre vos lèvres, peinants à sortir, ces pensées confuses cognant contre votre crâne.

Le sentez-vous ? Cette énergie qui semble quitter votre corps petit à petit, vous laissant pantelants, incapables de rien.

Le sentez-vous ?
Cette pénombre venant gracieusement vous tendre les bras, au fur et à mesure que le contact s'éternise, pour vous étreindre délicieusement et vous emporter avec elle.



Le comprenez-vous enfin ?



morgana dévore, elle vous ronge jusqu'à que vous ne soyez plus que carcasse éteinte. de  son corps gracile et de ses mains habiles, elle vous happe telle une harpie vicieuse, consumant telle une bête vorace votre vitalité pour devenir sienne. morgana est un parasite insaisissable s'insinuant dans les tréfonds de votre peau, morgana est un poison mortel se déversant à travers vos veines. morgana est dangereuse, morgana est mortelle, morgana tue. alors fuyez-la comme la peste, ne la laissez pas vous attraper, ne la laissez pas vous atteindre de ses touchers toxiques, de sa saloperie fatale. abandonnez-la s'enfiévrer de son arsenic de malheur, elle finira par s'embraser d'elle-même, submergée par les flammes iridescentes de son venin.

désirée plongera dans les délices de cette adrénaline que vous lui insufflerez comme une seringue d'héroïne, elle se délectera de ce nectar prodigieux qu'est le vôtre avant la déchéance, la disgrâce, la chute de cette exaltation enivrante. la descente sera effroyable, le plongeon impitoyable, l'agonie douloureuse. elle s'immergera dans des tourments infernaux, dans cette désolation odieuse et pénible. telle une camée misérable qui souffrira du manque, UNE JUNKIE QUI CRÈVERA AVANT SA NOUVELLE DOSE, DÉSIRÉE SOUFFRIRA. MIGRAINES QUI VIENDRONT BOULEVERSER SA PETITE TÊTE, HAUTS-LE-CŒUR INFÂMES QUI HEURTERONT ET COGNERONT CONTRE SON GOSIER, FIÈVRES ENDIABLÉES QUI LA COUCHERONT À TERRE, DÉSIRÉE SERA RAVAGÉE PAR CE MAL QUI LA RONGERA ET  GRIGNOTERA SON CORPS TOUT ENTIER.

SÉVÈRES COMPENSATIONS QUE POUR LA MORT D'UN SEUL HOMME.
« Sauvez les apparences, car il n'y a que cela qui compte ici. » Morgana méprise. Sourcil haussé et rictus en coin, Morgana dévisage le monde de son piédestal. Elle pense que tout ceci n'est qu'une farce, une mauvaise farce. Vivre ? À quoi bon ? Nous sommes tous destinés à crever dix pieds sous terre. Elle ne fait plus l'effort d'essayer, car tout a perdu son sens à ses yeux. Elle survit, elle, du haut de ses bottines noires, de ses gants en cuir, de son regard cynique et de sa langue de vipère déversant tout un flot de poison du bout de ses lèvres. Dégagez, zone interdite. Elle repousse, elle ne veut pas. Elle ne veut plus, pas de contact, jamais de contact. Elle ne s'investit plus là dedans, trop d'arnaques, pas assez rentable. Les gens, ça vient, ça repart. Morgana est indépendante. Indépendante des autres, indépendante du monde. Elle s'en sort très bien sans vous. Elle crèvera dans sa solitude, mais elle s'en moque. Morgana est plus entière seule que mal accompagnée. Car Morgana, au fond, personne la connait. N'osez même pas prétendre le contraire. Vous ne connaissez pas la fille derrière ses airs condescendants, cette fille complètement détraquée et tordue qui se cherche en permanence, encore et toujours, continuellement, sans jamais trouver de réponse. Et vous savez quoi ? Tant mieux. Tant mieux pour vous. Ne restez pas à ses côtés, ne cherchez pas à la connaître. Elle va très bien sans vous, elle va parfaitement bien. N'essayez rien, car ça ne servirait à rien. Elle ne veut pas de vous, elle n'en a jamais voulu. Elle vous crache dessus, elle ne veut pas de votre compassion, ni de votre pitié. Pas besoin de vos mots doucereux et de vos bouches en cœur. Elle sait qu'elle déconne, mais ne vous en faîtes pas : elle le faisait déjà bien avant que vous ne le remarquiez. Bien avant que vous la connaissiez. Et ce n'est pas votre petite personne qui changera tout ça, Ô non. Fuyez-la, fuyez loin, le plus loin possible, et très rapidement. Car vous n'aimeriez pas la voir, je vous l'assure. Vous n'aimeriez pas du tout. Car Morgana, c'est une bête. Morgana, c'est une bête malade qui mord et grogne à chaque fois qu'on l'approche d'un peu trop près, qui blesse car n'arrive pas à guérir de ses blessures. Morgana, c'est cette personne complètement déglinguée qui fait semblant. Car Morgana, elle gère. Elle gère plus rien. Et personne ne la connaît. Personne. Alors allez vous faire foutre.
HISTOIRE


you're innocent at birth until you understand


Les mains froides de cet homme parcourait son petit corps chétif sans ménagement. Il auscultait chaque particule de sa peau avec une concentration presque méprisable, équipé d'instruments métalliques dont les noms lui échappait. La petite fille avait en horreur tous ces examens médicaux où elle en était réduite à n'être que spécimen d'études parmi tant d'autres, pourtant elle ne s'en était jamais plainte ; on lui avait suffisamment fait comprendre qu'elle n'avait pas son mot à dire, alors Morgana acquiesçait en silence et endurait tous ces désagréments passagers. Plongée sous les lumières blafardes et chirurgicales des néons, elle patientait. Elle levait les bras, ouvrait la bouche, suivait des pupilles cette petite lumière blanchâtre comme une parfaite automate. La visite semblait sur le point de s'achever, alors elle devait rester sage et tranquille.

L'enfant observait discrètement la netteté du relief osseux se dessinant sur ses grandes mains, l'austérité se dégageant de tous ses faits et gestes, la sévérité marquée au fer rouge sur son faciès. Il lui inspirait la crainte et la terreur, de son allure hautaine et impitoyable. C'est pourquoi Morgana n'assimila pas immédiatement les événements qui vinrent se présenter à elle ; l'homme étendu au sol, inconscient, ayant entraîné dans sa chute l’entièreté de sa panoplie d'équipements médicaux. Les oreilles de la petite fille bourdonnaient encore de cette cacophonie assourdissante. Elle se précipita sans tarder vers le corps inanimé, la perspective de pouvoir le réveiller en tête. Elle n'était qu'une enfant ne comprenant pas encore la gravité de ses actes. Elle n'était qu'une enfant immaculée de la cruauté du monde. Elle n'était qu'une enfant.


where do the bad folks go when they die?
they don't go to heaven where the angels fly


On la scrutait, on la dévisageait, on la toisait d'un air de dégoût et de crainte. Les murmures résonnaient dans les couloirs, parcouraient perfidement la bâtisse toute entière. Monstre, abomination, meurtrière, assassin ; cette leitmotiv incessante ne daignait se taire, continuant de faire écho contre son crâne. Elle se sentait honteuse et misérable de ce crime qu'elle n'avait pas commis, malheureuse des accusations dont on l'inculpait. Ce n'était pas de sa faute. Elle n'en savait rien de toute cette histoire. L'homme s'était juste écroulé sans prévenir sous les yeux de Morgana qui chercha seulement à lui venir en aide. Rien n'indiquait que son soi-disant « pouvoir » s'était manifesté ce jour-là, tout avait été si calme et paisible. Pourtant, l'impossible se produisit et elle tua de ses petites mains chétives l'adulte massif.

Depuis, on l'évitait. On ne voulait plus la voir. Aucun contact physique. Aucun contact visuel. Rien. Le néant. Elle restait cantonnée dans sa chambre à fixer les murs blancs, à compter les minutes s'écoulant. On lui expliqua que son pouvoir était dangereux et mortel, on lui expliqua que personne ne pouvait se permettre de prendre le risque de mettre sa vie en danger, on lui expliqua qu'elle devait attendre. Mais attendre quoi, au juste ? Dans quel but ? Pourquoi ? Elle ne savait pas. Elle ne savait toujours pas. Une multitude de questions se bousculaient dans sa petite tête sans personne pour y répondre. Alors elle attendait, sage et tranquille.


no one ever thought this one
would survive helpless child


Ne pas tomber dans l'excès. Jamais. Toujours se contrôler, en permanence. Voilà ce qu'on lui avait enseigné. L'incident déplorable s'était produit il y a de cela quelques années maintenant mais il ne restait pas oublié, Ô non. Il avait été ancré dans la mémoire de tous. Morgana s'efforçait ainsi d'agir en conséquence : elle se devait d'être perpétuellement maître de son esprit et de ses émotions, elle se devait d'être continuellement tranquille et sage. Même si personne ne voulait d'elle, même si aucun adulte ne voulait l'adopter au vu de son passé, elle se devait de rester présentable. Toujours. C'est également ce qu'on lui avait enseigné. En attendant, elle était devenue cobaye pour les scientifiques et menait sa petite vie paisible au sein de l'établissement.

Cette grande dame était douce et compréhensive à son égard. Elle était peut-être la seule à l'être, ici. Sa voix était apaisante et chaleureuse lorsqu'elle venait lui raconter des histoires et la petite fille adorait tous ces moments qu'elles passaient ensembles. La femme se nommait Shéhérazade, comme dans ces contes qu'elle lui lisait, semblait avoir la trentaine, voire moins ; elle était grande et mince, de longs cheveux noirs cascadant ses épaules. L'enfant était souvent affublée dans ses jambes lorsque la possibilité se présentait. Elles partageaient une grande complicité et Morgana fut plus qu'euphorique lorsqu'elle vint un jour se pointer dans sa petite chambre, lui proposer de vivre avec elle. Elle lui fit comprendre que tous les papiers étaient déjà pré-remplis, et qu'elle n'avait plus qu'à faire ses affaires et la rejoindre, une fois qu'elle aurait terminé.


And right now there's a steel knife in my windpipe


Morgana était une enfant choyée et chérie. Elle ne manquait de rien, tout était parfait. Shéhérazade était adorable, toujours à son écoute. Elle qui n'avait encore jamais connu la tendresse et l'amour d'une mère, elle était comblée. Elle tâchait d'être une petite fille modèle sage et tranquille pour que Shéhérazade ne puisse jamais regretter son choix de l'avoir prise sous son aile. Elles vivaient paisiblement ensembles et s'entendaient à merveille ; Morgana n'aurait jamais pu rêver de mieux. Elle adorait tout particulièrement ces moments où elle lui racontait de vieilles histoires sur cette femme portant le même nom qu'elle, qui contait des histoires merveilleuses à Shahryar, roi de Perse. L'enfant ne pouvait se lasser de ces récits, et se délectait à chaque fois, comme si c'était la première fois qu'elle les découvrait.

Les années passaient tranquillement. Tout allait pour le mieux. Il arrivait que la jeune fille accompagne sa mère au laboratoire pour observer, apprendre, s'éduquer. Au fur et à mesure, elle avait appris à ne plus détester l'endroit. Elle le trouvait dorénavant mystérieux et intéressant, regorgeant de savoirs et de connaissances en tous genres. Morgana aimait gambader dans ces couloirs qu'elle trouvait auparavant austères lorsque sa mère tournait le dos, jetant des coups d’œils curieux à chaque pièce se présentant à elle. Tout était si fascinant. L'évolution du progrès depuis le siècle dernier en particulier. Mais avant qu'elle ne puisse fouiner ou s'éclipser pour de bon, sa mère la rappelait à l'ordre.

La jeune fille regardait nerveusement l'horloge accrochée au dessus de son lit. Shéhérazade n'était toujours pas rentrée et il commençait à se faire tard. Dans ce genre de situations, elle la prévenait toujours si elle risquait d'avoir des complications et de faire des heures supplémentaires au laboratoire, mais aujourd'hui, il n'y avait rien eu de tel. L'adolescente était inquiète. Elle fit les cent pas dans sa chambre puis se dirigea vers le salon, constatant que le repas qu'elle avait préparé plus tôt était déjà froid. Finalement, elle décida d'essayer de joindre sa mère, mais fut contactée avant. C'était un vieil homme. « Morgana c'est toi ? » Elle hocha doucement de la tête, se préparant au pire. « Ta mère est à l'hôpital, il y a eu un accident au labo. Viens le plus vite possible. »

Elle tenait sa main encore tiède, refusant de la lâcher. Sa mère était morte durant son trajet pour venir jusqu'ici. Ses collègues étaient tous présents, amochés mais en vie. Mais pas Shéhérazade. Elle était morte, elle. Morte.

still this pulsing night a plague I call a heartbeat


Elle n'avait nulle part où aller. Nulle part où rester. Telle une fugitive, elle se déplaçait constamment, dormait dans des ruelles sombres et étroites, se nourrissait par le vol de biens, perdue dans l'immensité de ce monde, affublée de sa solitude et de son amertume. Morgana n'était pas assez courageuse pour vivre, mais trop lâche pour se laisser mourir. Alors elle survivait, du mieux qu'elle le pouvait. La peau sur les os, le visage pâle et crasseux, elle n'était plus qu'ombre d'elle-même, réminiscence de ce qu'elle avait pu être auparavant. Elle errait sans but dans des quartiers délabrés, jalousait du regard ceux qui possédaient un toit et une famille, rêvait de pouvoir faire machine en arrière et de tout recommencer. D'une quelconque manière, elle en était arrivée à la conclusion qu'elle était maudite, que tout ce qui arrivait était de sa faute, et seulement de la sienne, que toutes les personnes qu'elle fréquenteraient seraient destinées à un fin funeste. Elle n'avait peut-être pas tort.

Le temps passe et Morgana ne compte plus les secondes qui s'écoulent. Elle a du mal, mais s'accroche désespérément à la vie. Elle a accumulé les petits boulots ingrats misérablement payés, pour se payer de quoi se vêtir, manger, loger ; mais les temps sont durs, on est à l'approche de l'hiver et la jeune fille se meurt à petits feux du grand froid qui se prépare. Plus personne ne requerrait de ses services dorénavant, elle était livrée à elle-même. Le cœur lourd, elle avait songé à commettre de nouveau des délits mineurs pour s'en sortir, mais cette pensée la révulsa. La peur au ventre d'échouer, la peur au ventre de se faire prendre, elle en avait fini avec tout ça. Elle déambule dans les rues d'un pas traînant, ne sachant quoi faire de sa journée. Il ne lui restait plus assez pour payer une nuit de plus à l’hôtel, à peine suffisamment pour acheter à manger. Une goutte salée vint à la rencontre de ses lèvres.

Se loger restait le plus difficile, dans toute cette histoire. Qu'importe le lieu lors des saisons chaudes, il était facile de dormir à la belle étoile. La tâche se révélait bien plus ardue lorsque le vent glacial vous fouettait en plein visage, lorsque celui-ci venait s'insinuer entre vos vêtements pour venir caresser votre épiderme de ses mains gelées. Par chance, elle réussit à s'infiltrer dans un immeuble quelque peu délabré avant que l'hiver n'ait sa peau et son âme. L'isolation des murs semblait mal construite, mais il faisait déjà beaucoup plus chaud à l'intérieur. La jeune fille plongea sans hésiter dans ces escaliers calamiteux, et gravit les étages dans l'espoir de tomber sur une personne assez aimable pour l'héberger le temps d'une nuit, mais ce qui se présenta sous ses yeux était davantage plus intéressant que tout ce qu'elle avait pu souhaiter jusqu'à présent. Une porte ouverte, littéralement.

L'appartement était un vrai capharnaüm. Morgana peinait à poser un pied au sol sans écraser une quelconque affaire, mais elle n'allait pas faire la difficile, elle ne le pouvait pas de toute manière. Il y avait un lit, une salle de bain, un frigo peu rempli mais elle pouvait largement s'en contenter et par-dessus tout : l'appartement était vide de toute présence humaine. Elle prit rapidement ses aises et s'empressa de se purger de toute cette souillure qui la collait aux basques depuis des jours. La jeune fille bénissait intérieurement l'individu empoté qui oublia de fermer correctement sa porte et s'endormit pour la première fois dans un vrai lit, aux draps propres et aux couvertures moelleuses.

« Hé, réveille-toi. Hé, ho ! » Morgana sortit soudainement de son état comateux et se releva prestement. Devant elle se trouvait sûrement le propriétaire de l'appartement ; elle ne savait plus où se mettre. « Qu'est-ce que tu fous chez moi ? T'es qui bordel ? » La jeune fille articula doucement son prénom, avant de lui expliquer en détails sa situation misérable et de s'excuser poliment de son intrusion. A sa surprise, le jeune homme sembla plus tolérant et aimable que son apparence laissait paraître. La discussion fut quelque peu laborieuse, mais ils finirent par se mettre d'accords sur certaines conditions. Il accepta donc de la loger le temps qu'elle se fasse un peu de sous tout en travaillant pour lui. « De toute manière, j'ai besoin de nouvelles manœuvres. Par contre, habille-toi et met autre chose que mon t-shirt préféré. Oh et pour le chocolat, j'irai t'en chercher plus tard dans la journée. En attendant, reste tranquille et range la piaule si t'en as envie. »

You make my heart sting burning like it’s on fire


« Désirée ? » La concernée leva les yeux et poussa un long soupir, exaspérée. « Arrête ça. Et oui, quoi ? » Il lui fit comprendre discrètement d'un coup de tête qu'il fallait partir. « C'est joli pourtant. » Elle referma rapidement son sac et commença à le suivre en pressant le pas. Il était un peu plus grand qu'elle donc la jeune fille se devait de faire de grandes enjambées pour se maintenir à ses côtés. « Ça ne me convient pas. On va où du coup ? » Il tourna à gauche et lui murmura : « N'importe où, car la drogue est toujours convoitée et intemporelle. Et si, ça te convient à merveille Désirée. »

Quelque part, elle ne savait pas où toute cette histoire avait débutée. Le naissance de leur relation fut maladroite, légèrement chaotique et imprévisible. Aucun d'eux ne s'y attendait réellement, c'était juste arrivé, comme ça. A force de se côtoyer, à force de se voir, à force de toujours être affublés ensembles. D'aucune manière Nikolas ne la laissait indifférente, que cela soit par sa manière de l'appeler Désirée, de lui sourire ou tout simplement de la regarder. Et il était beau, peut-être un peu trop pour elle. Il dégageait un charisme insoutenable et Morgana se complaisait à le contempler, à se perdre dans son éclat, à plonger dans son regard et ne jamais s'en sortir indemne.


to hell with good intentions

Étalé sur le sofa, Nikolas commentait d'un air désintéressé le programme passant à la télévision. Il lui parlait de cette fille débile, ou de ce gars encore plus stupide. A l'autre bout de la pièce se tenait Morgana, adossée contre le rebord de la fenêtre, clope calée entre ses deux lèvres. Perdue dans ses pensées, elle n'écoutait pas ses déblatérations, se contentant seulement d'acquiescer à ses paroles lorsqu'il tournait la tête vers elle. Ce n'est qu'une fois sa cigarette consumée qui vint lui brûler le bout des doigts qu'elle retrouva ses esprits. Elle jeta un coup d’œil à Nikolas. « Hey, Désirée ? Tu veux une dose ? »

Nichée entre ses bras, elle regardait maintenant la télévision avec lui. C'était toujours la même émission niaise, où était apparu de nouveaux protagonistes. Elle n'arrivait cependant pas à chasser toutes ces idées qui lui avaient traversé l'esprit tout à l'heure. Alors lentement, elle prononça : « Nikolas ? Pourquoi tu te fous autant en l'air ? Je veux dire. Tout ça. Pourquoi ? Pourquoi vouloir te flinguer, pourquoi vouloir précipiter ta chute ? Tu es doué, de tes mains. T'es pas con. Tu pourrais trouver un job et mener une vie correcte. Pourquoi perdre du temps dans ces conneries ? Pourquoi te reposer sur ces saloperies alors que tu serais tellement mieux sans ? Tellement mieux. Et ton frère, tu pourrais le retrouver, reprendre contact avec lui. Tu pourrais reprendre ta vie en main et devenir heureux. »

Il se releva doucement, ne lui accordant aucun regard. L'accumulation de colère et de stupéfaction irradiait à présent par tous ses pores et Morgana regretta immédiatement ses paroles. Elle tenta de s'excuser mais il ne l'écoutait plus. Devant elle, Nikolas faisait les cent pas.

« Pardon ? Toi, me sauver ? Ne me fais pas rire. Bon sang, Désirée. Ô ma douce Désirée, mais regarde-toi. Tu es apeurée de tout, et davantage encore de ta propre personne. Tu pleures tous les soirs de ta misérable vie, de ton existence abjecte, de cette soi-disant malédiction qui te suit à la trace. Tu n'oses même plus te regarder dans un miroir, car t'as cette putain de trouille qui te colle aux basques de ne plus te reconnaître, de ne jamais l'avoir fait. Tu te supportes à peine, l'idée de pouvoir encore respirer le même air que les autres te dégoûtes, l'idée même d'être toujours en vie te rend hystérique. Ô Désirée, petite Désirée. De nous deux, c'est toi qui fonce tête baissée en appuyant sur l'accélérateur. De nous deux, c'est toi qui a besoin d'être sauvée. De nous deux, c'est toi qui rêves d'avoir le courage de coller un fusil sur ta tempe et d'appuyer sur la gâchette pour te faire exploser la cervelle. Regarde-toi à parler de ma rédemption alors que tu ne souhaites qu'une chose de ton côté : en finir ici et rejoindre l'enfer collectif qui nous attend tous. »

Yeux clos et paupières plissées, elle tentait de rester calme. Elle se massait la base du nez avec hardeur, assimilant silencieusement tout ce qu'il venait de lui balancer à la gueule du mieux qu'elle pouvait, au vu de son état  calamiteux. Elle voulait simplement l'aider. Juste ça. Pas besoin de lui rappeler qu'elle n'était qu'une pauvre gosse perdue aux idées morbides, qu'elle n'était qu'une sous-merde de la société. Il n'était vraiment pas obligé. « Putain, va te faire foutre Nikolas. » Morgana attrapa sa veste accrochée à une chaise et se précipita vers la porte. « NON ! Non, Désirée, reviens ! Je.. je voulais pas bordel de merde. » Il contourna la table qui se trouva devant lui et s'empressa de la rejoindre pour la retenir mais manqua de trébucher sur l'un des pieds du meuble. Il poussa un juron et dégagea d'une main tout ce qui se trouvait sur son chemin, à savoir cette table qui lui barrait la route, occupée par divers objets en tous genres. Seringues, coke, pilules variées, babioles sans aucune valeur, cendriers, vase en verre. Ce dernier se fracassa avec violence au sol, dispersant ses éclats à travers toute la pièce au milieu des autres affaires jonchant également sur une partie du parquet.

La jeune fille se retourna face à ce vacarme assommant et jeta un coup d’œil circulaire à la pièce, estomaquée. Nikolas avait les bras en sang, tailladés de partout. « Mais qu'est-ce que.. » Il lui fit face et s'empara de son poignet. « Ne pars pas. Je t'en prie, ne pars pas. Reste avec moi. Je suis désolé, d'accord ? » Le désespoir transparaissait sur son visage. « Il faut juste que tu comprennes que je suis une cause perdue. » Morgana était déboussolée par la situation. Ses pensées étaient chaotiques, son esprit embué par les effets de la drogue. « Mais.. je peux t'aider, moi. A deux on peut.. » Il poussa un long soupir, lui coupant alors la parole et reprit de plus belle :« Non, on ne peut pas. Désirée, tu peines à te maintenir à la surface, tu n'arrives pas à tourner la page et tu coules par le fardeau de cette souffrance que tu transportes avec toi partout. » Elle ravala ses larmes. « A quoi rime tout ceci, dans ce cas ? Pourquoi rester ensemble lorsque tu ne prévois même pas de futur pour ta propre personne ? » articula-t-elle, enragée. Le jeune homme baissa la tête et haussa des épaules. « Je pourrais te poser la même question, Désirée. » Elle demeura silencieuse durant quelques secondes, la lèvre inférieure tremblante, avant de lui donner un coup de coude pour essayer de se dégager de son emprise. « Bon, dégage alors. J'me casse. » Ses mains se resserrent autour de sa prise. « Non. Je n'en ai pas envie. » Cet affront mis Morgana dans tous ses états et elle commença à s'agiter. « Lâche-m.. » Il la plaqua furieusement contre le mur avant qu'elle ne puisse terminer sa plainte. « BON SANG. ARRÊTE. DÉSIRÉE, ARRÊTE. » Il expira et inspira, lentement. Il était livide, et le sang coulait toujours à flots au sol, tâchant au passage leurs vêtements à présent. Il reprit : « Arrête de me tourmenter comme ça, je t'en supplie. Tu n'es pas la seule à souffrir, tu n'es pas la seule à être désorientée par tout ce merdier qui nous entoure. J'aimerais juste que comprennes que ce n'est pas facile. J'aimerais juste qu.. » Nikolas s'écroula au sol.

Elle ne réagit pas immédiatement, observant tout d'abord le tableau macabre qui s'offrait à elle, le regard terne et nébuleux. Des éclats de verres. Des fragments de meubles réduits poussières. La poudre blanche répandue à travers toute la pièce. Les seringues étalées. Les cendres de clopes qui s'insinuaient entre les planches du parquet. Puis Nikolas. Nikolas qui gisait là, inconscient. Et du sang, du sang partout. Du sang sur son corps, sur le sol, sur les murs, sur ses mains. Ses propres mains qui l'avaient peut-être tué. Il n'y avait plus que cette couleur rougeâtre omniprésente dans son champ de vision. Désirée cria.


baby i'm gonna leave you


Il dormait paisiblement à ses côtés. Les événements de ces derniers jours se répétaient en boucle dans son crâne. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait plus. Personne ne devait risquer sa vie pour elle, elle qui n'en valait pas une miette, elle qui aurait dû crever dix pieds sous terre depuis bien longtemps. Et ses paroles qui résonnaient dans son crâne. Il avait raison sur toute la ligne. Elle se voilait juste la face, encore et toujours. Un sourire mélancolique se dessina lentement sur son visage, à mesure qu'un torrent de larmes déferlaient sur ses joues : elle n'était plus que maelström de sentiments confus et nébuleux. Sa main vint se perdre dans la chevelure de son bien-aimé avant que ses lèvres ne se déposent doucement sur les siennes pour un dernier baiser ; une dernière étreinte avant l'aboutissement de cette idylle qu'ils avaient menés pendant des mois. Elle n'en revenait pas que son bonheur puisse s'échapper aussi facilement, aussi violemment. La réalité lui revenait comme une claque, comme une balle dans un revolver chargé qui la pénétrait en plein cœur. Elle susurra dans un souffle presque éreinté : « Look at me, I just can't believe what they've done to me. I could never be free. » Morgana se releva silencieusement et s'éclipsa alors, avant que l'aube ne vienne lui tomber dessus.


no ones loves me & neither do I


Elle rejoignit les Gaïa pour leur neutralité, leur désintéressement au monde qu'elle partageait également. Elle ne voulait plus avoir affaire avec personne, juste qu'on la laisse tranquille jusqu'aux restants de ses jours. Par des circonstances non-fortuites et grâce à certains contacts qu'elle s'était faite entre-temps, elle trouva un boulot à la morgue en tant que thanatopracteur qui s'avéra fort intéressant mais surtout très pratique, pour une personne comme elle avec un pouvoir pareil. Affublée de ses gants, elle s'occupait de restaurer des corps souvent en bien mauvais états, dans sa petite pièce où personne ne venait la déranger. Parfois, il lui arrivait de faire un peu de trafic d'organes pour l'appât du gain, pour le plaisir d'alimenter son quotidien morose et insipide. Et parfois aussi, elle se demandait ce que Nikolas devenait.


surnom : MDR
âge :
une anecdote sur toi ? : une fois j'ai mangé du piment et j'ai eu mal aux fesses après
règlement : les misérables 
avatar : kaede takagaki — the iDOLM@STER
commentaire : une catégorie de liens rapides sur la pa ou placée quelque part en évidence serait cool tho


Messages : 57
Points : 40
Date d'inscription : 21/04/2016
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Lucy K. Brewiss
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Jeu 28 Avr - 20:31
Toi, j'veux que tu sois mon amie °W° -Ui, c'ma façon de dire bonjour et bienvenue 8')-


Messages : 138
Points : 118
Date d'inscription : 22/04/2016
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Bran Duvessa
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Jeu 28 Avr - 21:09
Bienvenue, vive Gaïa
Messages : 165
Points : 111
Date d'inscription : 04/04/2016
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P. Isaac Adams
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Jeu 28 Avr - 22:19
cc toa t bel tu c?
Bienvenue



je ne m'en remettrais jamais.
lololol:
 

Messages : 136
Points : 113
Date d'inscription : 03/04/2016
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Riley K. Sellars
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Jeu 12 Mai - 23:54
morgana d. richardt

Bon, voilà. J'ai rien à dire ! T'écris bien, mais surtout les passages bien drama. Genre, vraiment, on s'y croirait presque. hejvcjeks. Et j'te déteste pour ça, car moi et ma sensibilité à deux balles on a pris une claque dans la gueule.

Bref, t'es divine. JEFHJHCE. BISOUS.



après validation, tu dois

●● recenser ton avatar
●● demander un logement
●● compléter la partie « I'm sparkling » dans ton profil ET les champs que tu n'as pas remplis à ton inscription
facultatif

●● poster ta fiche de relation
●● jeter un coup d’œil à l'organisation de ton groupe





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Life.
It's way more boring now that I'm not smoking pot anymore.


90210


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