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 Oiseau de malheur ▲ Bran


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Cécile Vittley
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Sam 21 Mai - 18:29
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Le samedi était pour elle la plus difficile des journées. Après une semaine de cours, une longue semaine qui lui donnait l’impression que ses professeurs s’étaient décidés ensembles à aspirer son énergie vitale, Cécile n’avait pas le droit au repos. À la place, elle se tenait là, penchée sur le comptoir, dans son uniforme de serveuse, tandis que son regard allait de son cahier à la porte, puis de la porte à son cahier. Elle ne s’était pas permise la moindre révision durant la journée, pour faire face à l’afflut de gens dans l’enseigne, mais maintenant que le ciel s’assombrissait, un calme plat régnait dans la salle. Cécile priait pour qu’il dure jusqu’à la fin de son service.

Nouveau regard vers la porte, et encore personne ne la poussait. Elle eut un sourire contenté, avant de reporter son attention sur son cahier aux notes incompréhensibles dans les marges des pages. J’ai au moins d’un médecin son écriture, considéra Cécile. Elle soupira, laissant ses yeux voyager autour d’elle : Ils s’arrêtèrent sur Victoria, une collègue qui s’occupait d’encaisser des clients inexistants. Contrairement à Cécile qui savait apprécier le calme, cette dernière était plongée dans un ennui au moins aussi immense que le silence qui régnait dans la café.

Et là, une terrible chose arriva. Les yeux de Victoria reprirent de leur vie, et elle redressa son dos auparavant relâché, s’orientant en direction de la porte. Après quelques secondes de déni, Cécile ferma son cahier d’un geste las, et fit de même, avant de placer un sourire poli sur son visage.

Sourire qui manqua de disparaître quand elle aperçut la figure de Bran. De tous les services du monde, il fallait que cet oiseau de malheur se décide à sortir de peu importe où il vivait (probablement une grotte ou un donjon) durant le sien.

Bonjour. dit-elle en chœur avec Victoria, qui était visiblement ravie à l’idée d’un peu d’animation.
Un enthousiasme que ne partageait qu'à moitié Cécile. Elle regarda la montre à son poignée, constata qu'elle avait oublié ladite montre chez elle ce matin, puis se demanda pourquoi elle était ce qu'elle était : une étourdie. Puis elle s'avança vers Bran, qu'elle guida à une table avec un geste élégant, avant de lui demander :

Puis je prendre votre commande ?
Parfois, la meilleure des stratégies pour s'éviter les problèmes avec les fauteurs de troubles et les gens trop curieux, c'était l’indifférence : Bran rentrait dans ces deux catégories.

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Bran Duvessa
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Sam 21 Mai - 22:48




Corbeau et innocence
Une journée comme les autres, rien de spectaculaire, rien d'extraordinaire, que le quotidien, que la routine. C'est ainsi que Bran passa sa journée, à se promener dans le centre-ville, s'arrêtant dans les ruelles malfamés et les logements crades pour faire affaire avec la gente criminelle de la ville. Trafic, échanges, récolte, retour d'investissement, troc, assurer son réseau de contacts, la norme quoi. Le corbeau soupira alors qu'il se mouva à travers la masse indistincte des gens qui mettaient en marche leur routine aussi. Il se disait qu'on aimait bien romantiser la vie criminelle après tout. Il entend les gens parler de comment ils vivraient si ils briseraient les lois, comment ils se trouveraient libres, mais la réalité était toute autre. Comme tout le monde, Bran avait une routine à suivre, des responsabilités qu'il devait accomplir pour son réseau et assurer son gagne-pain comme tout le monde, sauf que même sil y a une routine, celle de Bran diffère de loin de la norme.

D'ailleurs, c'était bien un samedi, il avait fait le nord de Yllis et il était en train de descendre vers le sud, direction du centre ville, pour suivre ce qu'il avait de planifié pour cette journée. Il devait aller porter une lettre, 3 paquets à délivrer, un informateur à contacter, mais il avait du temps à tuer. Il était à l'avance aujourd'hui, donc Bran se demandait ce qu'il ferait bien pour se divertir, histoire de ne pas rester planté devant une vitrine ou prendre une sieste dans une ruelle quelconque pour passer le temps. Il continua alors à se promener dans le centre-ville à la recherche d'une place où traîner histoire de dire qu'il peut prendre un peu de repos avant de retomber dans la routine. En vain, Corbeau chercha une place où se détendre, mais c'était déjà perdu, rien ne semblait lui tenter en cette belle journée ensoleillé, il ne trouvait rien pour attirer son œil, rien sauf ce café…

Le Hideout, un petit café victorien, qui était le lieu où la rousse travaillait. Cette jeune femme qui incarnait l’innocence savait maintenir ses distances avec le corbeau. Un défi intéressant pour Bran, Cécile aimait bien juger sans savoir, et lui, il aimait bien la ridiculiser la dessus. Il arriva, et Victoria, accompagné d’une Cécile peu enjouée accueillit Bran et alla s’asseoir à une table libre alors qu’on lui demanda ce qu’il désirait. Amusé, Bran se rapprocha de Cécile et lui répondit par la suivante :

-Voyons Cécile, arrête de faire l’indifférente et appelle moi par nom je te prie. Sois un peu plus chaleureuse, ou au moins, tu peux faire semblant d’être contente de me voir, non?

Il regarda autour de lui, en réfléchissant à ce qu’il désirait, voulait-il un croissant? Il aimait bien les croissants certes, mais Cécile était plus amusante à moquer et rigoler avec. Puis avec un sourire en coin, il passa sa commande :

-Donc, Cécile, je te demanderais bien un croissant, avec un chocolat chaud. Et d’ailleurs, comment va les études, besoin d’un coup de main?

Il ria, amusé, et avec un grand sourire sincère, il sortit une petite émeraude clair, de la taille d’un caillou et le déposa sur la table en guise de payement. Il fixa Cécile avec son air ironique et attendit sa réponse.

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Cécile Vittley
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Dim 22 Mai - 1:06
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Le rapprochement soudain de Bran la fit sursauter, et elle manqua de se retrouver à l’autre bout du café, au côté de Victoria qui regardait la scène fort amusée. Certes, Bran était une personne terriblement suspicieuse, mais ce fut la surprise plutôt que la méfiance qui fit s’écarter doucement la petite rousse. Cécile supposait que la partie « cacher son malaise » du plan « comment survivre plus de 5 minutes à côté du Corbeau » était un échec absolu, après cela. La vérité, c’était que le brun l’agaçait, avec ses manières qui lui donnait l’air de tout savoir sur tout le monde. Pour quelqu’un comme elle, soit une petite jeune femme avec des bras aussi larges que des cure-dents, l’intellect était sa seule défense, et elle n’appréciait pas de se trouver au côté de quelqu’un qui la dépassait sur ce plan là. Il ne lui restait plus grand-chose, sinon de bonnes manières (ce dont manquait terriblement Bran, selon sa pensée), et son sourire.

Mais je suis tout à fait ravie de vous voir passer commande dans notre établissement aussi régulièrement, cher client.
Sourire qu’elle mit une nouvelle fois à profit, et qui rayonnait de douceur comme de fausseté. Elle ne prit pas la peine de sortir son calepin, soigneusement rangé dans le tablier de son uniforme : Elle réservait ses pages pour les situations où sa mémoire n’était plus un support suffisant ; Elle avait la certitude qu’elle saurait retenir la commande d’une unique personne. Tandis qu’elle s’apprêtait à partir, sa seconde question la stoppa nette. Elle pensa : Oh, elles se passent bien, de la même façon qu’une sortie qui se termine par tes entrailles répandues sur le bitume après avoir été renversé par un motard alcoolisé, peut bien se passer.

À la place, elle dit :

Oh, elles se passent bien.
Cécile se demandait comment le Corbeau pourrait bien l’aider dans ses études : Elle ne le connaissait pas vraiment, mais si elle devait émettre une hypothèse, là, maintenant, tout de suite, elle dirait, à demi-sérieuse, qu’il souhaitait lui procurer un cadavre pour étude expérimentale.

Je vais vous… chercher votre commande. Ces mots se perdirent dans sa gorge, tandis que la petite rousse regardait fixement ce que le Corbeau venait de déposer sur la table.
Cécile Vittley aimait beaucoup, beaucoup les bijoux. Les quatre bagues à ses doigts, qui changeaient suivant les jours, en était une preuve suffisante ; Tout comme son collier, qui tombait jusqu’à sa poitrine, représentant un oiseau en cage. Il ne la quittait jamais, mais celui-là tenait plus de la valeur sentimentale que monétaire. Il lui suffit alors d’un regard pour comprendre qu’une émeraude de cette pureté valait très très cher, bien trop pour qu’on la dépose sur la table d’un café comme l’Hideout. Alors, elle en perdit complètement ses moyens, tant la situation lui devenait insolite.

Elle peina à trouver ses mots, ne sachant plus qu’alterner entre des « euh… je… » pendant un petit moment, à mi-voix, avant de dire plus clairement :

Corbeau, c’est…
Elle ferma les yeux, comme si cela l’aiderait à remettre ses idées dans un ordre logique. Cela marchait, et Cécile comprit, peu fière, ce que Bran tentait de faire : Elle n’appréciait pas du tout que cela est fonctionné. Elle finit par trancher, d’un ton qui n’appelait à aucune objection, même si sa voix naturellement avenante adoucit son propos :

…deux euros quatre-vingt pour le tout. Mes excuses, mais on n’accepte pas les cailloux comme paiement, seulement le liquide et la carte bancaire pour les commandes au dessus de dix euros.
Elle termina avec clarté, comme si elle récitait une formule si bien apprise qu'elle en perdait son sens.

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Bran Duvessa
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Dim 22 Mai - 19:39




La tourmente
Corbeau aimait bien faire de Cécile une victime à tourmenter, parce que ses réactions tenait toujours dans l'indifférence. Il regardait ce faux sourire avec intérêt, il se demandait comment faisait-elle pour se mentir à elle-même tout en jugeant les autres, puis haussa les épaules, la réponse, il l'a trouvera bien une autre fois. Elle venait de prendre de la distance par rapport à Bran mais elle vint se rapprocher pour prendre sa commande, d'une manière froide et polie, elle prit la peine de mettre l'emphase sur le mot client, et le Corbeau lui fit un sourire teinté d'ironie en signe de dégoût pour venir ensuite souligner l'absurde de la situation:

-Si tu es pour me servir avec froideur et politesse, tu n'as qu'à m'ignorer jusqu'à temps que tu désire servir avec honnêteté, si je te plais pas, fait le savoir à ton visage au moins, c'est bien plus beau ainsi. Mais c'est simplement l'humble avis de votre cher client, qui suis-je pour vous dire quoi faire?

Cette pointe, ce sarcasme, Bran ne pouvait s'empêcher de l'être quand il voyait que les gens hésitaient à dire ce qu'ils pensaient, il avait beau être un criminel endurci, il n'aimait pas les gens malhonnêtes pour autant, peut-être que les gens polis en ont plus à cacher qu'on peut ne le croire, cela serait une hypothèse plausible après tout, mais il s'égarait dans ses pensées alors que devant elle, la rousse lui semblait lancer un regard froid, il s'amusait en ce moment, il ne regrettait pas son arrêt au hideout pour l'instant, mais il était bien trop tôt pour en être sûr et il se fit tirer de sa rêvasserie par la réponse à une question qu'il avait posé il y a pas longtemps. Il eut un petit sourire sur ses lèvres quand la rousse avait fini de s’exprimer.  Ses études allaient bien disait-elle? Il pensa pendant un court instant, s'imaginant la rousse en train de s'occuper de tout les petits Sikertens  blessés qu'elle aurait pu trouver sur le trottoir. Il lâcha un rire quand il y pensa, et ne daigna pas de s'excuser par la suite de son comportement dérangeant.

La petite rousse affichait maintenant une mine stupéfaite, elle semblait dire qu'elle allait chercher la commande du Corbeau, mais pourtant, elle ne savait plus quoi dire. Bran était intrigué, il jeta un regard en direction de Cécile pour comprendre pourquoi qu'elle agissait ainsi et c'est alors qu'il vint à réaliser ce qu'il venait de se produire. La rousse avait complètement interprété la gemme de la mauvaise manière, pensait-elle que c'était un pot-de-vin? Ridicule, il ne pouvait s'empêcher de rire devant la bouille étonnée de Cécile qui ne semblait pas comment réagir devant un petit caillou qui n'avait aucune signifiance autre que le troc. Il oubliait toujours que ces places prenaient de la monnaie et non des objets qui avait de la valeur par eux-même. Alors qu'il était en train de reprendre son sérieux, il vit la jeune rousse en train de reprendre sa froideur habituelle pour venir lui répondre. Elle intimait qu'il fallait qu'il paye en euros, et Bran venait de comprendre qu'il avait commis une erreur, mais il comptait bien s'excuser à sa manière, et donc il prit parole :

-Permets-moi de m'excuser Cécile, ce n'était pas dans mon intention de créer une situation loufoque, de cette manière du moins, laisse moi te payer avec ce que tu appelle des euros, c'est le moindre que je puisse faire pour m'excuser non?


Sur ces mots, il se leva pour aller en direction d'un autre client qui était attablé, et face à lui, subtilisa le porte-feuille de l'individu et revint à sa table en sortant tout le contenu de l'objet volé pour venir les tendre en face de Cécile, avec un sourire sincère et s'excusa de la sorte :

-Veuillez-bien accepter mes excuses, je ne traîne pas avec de l'argent normalement, je fais du troc, c'est bien moins encombrant, et plus pratique que de se traîner un devis monétaire qui n'a aucune valeur réel. J'espère qu'il y en a assez pour payer ce que je dois au café.

Avec ça, Bran croyait avoir bien agi, elle avait demandé de la monnaie, alors c'est ce qu'il fît, comment Cécile réagirait-elle? Il s'en doutait un peu, elle l'avait bien vu faire en action, mais elle ne l'avait certainement pas vu y placer un caillou ou deux que son établissement ne voulait pas prendre tantôt. Fi! Le corbeau ria devant l'absurdité de la chose, après tout, n'est-ce pas cette créature ailée qui apprécie fort bien les trucs brillants, et le voilà en train de donner des pierres précieuses au premier inconnu comme ça,  mais avec tout cela, quand est-ce que sa commande allait passer?
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Cécile Vittley
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Dim 22 Mai - 22:21
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Quand on insultait son service, Cécile s’offusquait au possible. En tant que serveuse, elle mettait au profit toute sa grâce et ses manières pour le bon plaisir de son client, alors dire de sa présentation qu'elle était mauvaise, c’était comme cracher sur les qualités qu’elle s’était trouvée d’elle-même, sur tous ses efforts. Ainsi, la remarque de Bran l’avait très profondément vexé, mais son sourire n’en avait pas pâti, merci à des années d’hypocrisie.

Cependant, les excuses du Corbeau avait quelque peu adouci son humeur. Ce qu’elle avait interprété comme une tentative délibérée de la mettre dans l’embarras était en fait à mettre sur le compte d’une conception du paiement différente. Elle soupira, puis haussa les épaules en signe de trêve, prête à recevoir l’argent.

Entre temps, un autre client était entré au Hideout, et s’était posté près de la fenêtre. Du fait du manque d’effectif évident dans l’établissement, Victoria s’était délestée de son rôle de caissière pour se changer en serveuse temporaire. Alors, Cécile avait pensé la situation sous contrôle, la perfection du service au café assurée. Jusqu’à ce que Bran se lève de sa chaise, et se dirige dans sa direction.

Cécile resta plantée bien à sa place, surprise et inquiète par la suite que prendrait les événements. Elle pria pour que le nouveau venu soit juste une connaissance du garçon – ce qui, quand elle y pensait vraiment, n’était pas forcément une bonne chose – qu’il tenait à saluer. Puis Bran vola son portefeuille et revint vers elle, et Cécile sentit son âme et son espoir partir loin, vers un monde meilleur où elle n’était pas étudiante en médecine mais héritière d’une riche famille, et où Sissel serait encore vivant.

Bran s'assit à sa place, sous le regard d’une Cécile en perdition. Elle le fixait avec des yeux vides, tandis qu’il s’excusait à elle une nouvelle fois, en lui tendant de l’argent. De l’argent volé. À un client de son café, au service supposément irréprochable, puisqu’elle l’assurait.

Elle considéra se mettre en colère, puis se rappela qu’elle ne se mettait pas en colère. Certes, elle criait, mais ensuite, face à la source de sa déception, elle pleurait, et passer ses nerfs sur quelqu’un était très difficile quand on était incapable de prononcer la moindre syllabe, en sanglot. Elle ne tenait certainement pas à montrer une telle facette d'elle même à une personne qui en profiterait sans aucun doute.

Alors, à la place, elle dit la première chose qui lui vint à l’esprit :

Tu sais, voler, c’est mal. puis elle acquiesça lentement, pour renforcer son propos. L’histoire de la pierre précieuse lui revint en mémoire, et elle ajouta : Et cambrioler des bijouteries aussi.
Elle chercha son porte-monnaie dans son tablier, bien cachée avec son calepin, et en sortit le montant nécessaire. C’est une action qu’elle n’expliqua pas directement, préférant plutôt dire :

Si tu continues à te balader avec des objets d’une tel valeur sur toi, tu vas finir par être racketté. Non pas que je serais affectée.
Elle dit cela avec un sourire, pour montrer qu’elle ne le pensait pas vraiment. Bran était un homme agaçant, mais pas assez pour qu’elle se mette à espérer sa souffrance. Elle prit le second porte-monnaie, déposa les deux euros quatre-vingt devant la caisse, sous le regard interrogatif de Victoria, et se dirigea vers le second client pour lui dire :

Excusez-moi, mais j’ai trouvé ça au sol, ça vous appartient ?
Mentir ne lui faisait pas plaisir, mais c’était la meilleure des choses à faire pour clore l’incident calmement. Après une courbette respectueuse, elle partit chercher la commande de Bran, qu'elle déposa ensuite sur sa table en faisant attention à ne pas renverser le chocolat chaud. Son travail terminé, elle ne put s'empêcher de commenter :

Ça m'étonne de toi, quand même, une commande aussi normale.

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Bran Duvessa
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Mer 25 Mai - 19:33




Qui vole un œuf vole un boeuf
Comment ne pas s'empêcher de rire pensa Bran alors qu'il venait d'entendre « Voler c'est mal »? Il ne pouvait pas, c'est simple. Il riait à voix basse pour ne pas insulter Cécile, mais il faisait ce qu'il pouvait. Dans sa tête, il rejouait la petite voix de la rousse en boucle, se l'imaginant en train d'agiter les bras pour mettre l'emphase que voler était mal. C'était rigolo, mais Bran savait que ce « mal » était subjectif, tu n'avais qu'à aller dans une ruelle pour voir des gamins affamés qui survie seulement sur les kebabs qu'ils peuvent piquer aux vendeurs, ironiquement, il en faisait déjà parti, et la solution la plus directe est de faire des crimes, de vivre en marge de la société, mais elle pourrait pas savoir puisqu'elle ne l'avait jamais vécu. Il lâcha un soupir pour regarder la scène qui se passait devant lui. Cécile était en train de payer à sa place, peut-être qu'elle était simplement froide pour garder ses distances avec ses clients. Il comprenait très bien ce professionnalisme, si il devait se faire copain copain avec tout les louches avec qui il faisait affaire, il se remettrait en doute si il n'était pas devenu fou. On ne peut pas devenir amis avec des criminels encore plus violent que soi après tout. Le plus qu'ils se croient importants, le plus qu'ils étaient impitoyables, on ne devient pas amis avec des gens sans morales ou qui ne connaissent pas la discipline. Elle était innocente et sympathique, cette rousse, la douceur incarné, elle ignorait ce qui pouvait bien se tramer dans les bas-fonds de la ville où elle vivait, c'était mieux ainsi.

Il restait assit à sa table, et toujours en regardant Cécile faire sa bonne samaritaine, il se demandait comment on pouvait préserver l'innocence aussi longtemps, peut-être elle avait gardé foi dans la société actuelle? Peut-être, ou comme on le dit si bien, celui qui ignore est satisfait mais pas heureux. Il pensait à ce que Cécile avait dit. Lui se faire racketer? Il aimait bien l'idée, cela mettrait un peu de piment dans sa vie déjà mouvementé mais il était encore jeune, il pouvait bien en prendre encore. Mais il avait un sourire sincère aux lèvres, elle s'inquiétait pour le jeune casse-cou qu'il était, même si elle dit qu'elle en serait pas affectée, cela l'amusait cette distance qu'elle mettait, elle avait peur de Bran, mais bon, il faisait cet effet à peu près tous ceux qui n'était pas habitué à la folie humaine. Elle était professionnelle, mais elle en avait encore à apprendre. Après tout, son innocence et sa douceur ne lui permettait de souhaiter le malheur aux autres, elle était bien trop gentille pour ça, peut-être une gentillesse mal placée, mais c'était bien intentionné. La preuve, elle avait payée pour Bran et redonner le porte-feuille au gentilhomme, un peu de gâchis d'avoir essayé d'être galant avec un petit rire à lui-même, l'étranger allait avoir une énorme surprise quand il trouvera ce qu'il a dans les poches. Il recula sa tête vers l'arrière alors qu'il riait, il ne pouvait s'empêcher de penser au ridicule, de la situation. Il fût interrompu par Cécile qui lui vint enfin déposer sa commande devant lui et commenta le manque d'originalité et de « flair ». Il tint un sourire et lui répondit :

-Eh bien, si je cherche toujours à surprendre, on s'y attends, donc il n'y plus de surprise, mais si tu es étonnée, mon but est réussi non?


Il dit cela avec un ton digne d'un gamin fier d'avoir attrapé un insecte avec son filet, puis il décida qu'il était enfin le temps de revenir sur ce que Cécile avait dit, après tout, il ne pouvait pas la laisser avoir le dernier mot :

-Cécile, je sais pas si penser est un cours dans la médecine, ou si c'est secondaire, mais dire que le vol est mal n'est pas digne d'une pensée critique tu ne trouve pas? Le mal, le bien, c'est des choses subjectives, accepter la mort, est-ce plus moral que de voler pour sa survie? Voler n'est pas mal, c'est la conception qu'on se fait de la propriété, le partage des ressources tout ça tout ça. C'est du ressassé, c'est ancien depuis des millénaires. Si la notion d'argent n'existerait pas, le vol existerait-il?

Il prit une gorgée du chocolat chaud qui était devant lui et se brûla la langue. Il déposa sa tasse vite fait et croqua dans son croissant pour faire passer la douleur qu'il sentait sur la langue. Il ria un peu et d'un ton moqueur il ajouta :

-La valeur des objets que traîne est tout aussi subjective que l'argent. C'est juste plus pratique de se promener avec des trucs légers et discrets que des malles d'argents, et plus propre à mon avis.

Cette fois-ci il ne toucha pas à sa tasse et fini son croissant à la place, pour se donner une pause. Il regarda son plat vide, et il dit tout simplement :

-C'est bien beau être gentille et douce Cécile, mais sache que la générosité ne s'exprime pas d'une seule façon. Agis-tu ainsi parce que tu le veux ou parce que c'est ce qui est socialement demandé? As-tu réfléchi à ce qui est le bien, le mal? Pour toi, non pas pour les autres, mais pour toi.


Et à travers un soupir, il dit :

'Fin, merci Cécile.

Il ne voulait pas le dire fort, parce que Bran ne désirait pas donner une fausse idée. Il l'a remerciait parce que à son avis, elle était sur le bon chemin. Elle s'y prenait de la mauvaise manière, mais c'était son intention qui comptait réellement. Pourquoi avait-il ressenti le besoin de la remercier? Certainement parce qu'elle mettait un peu de générosité humaine dans ce chaos incessant, une autre preuve que l'humain créait son propre chemin, et c'était mieux ainsi que de remercier le barbu dans le ciel.

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Cécile Vittley
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Mer 25 Mai - 22:04
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Au Corbeau, Cécile aurait pensé devoir amener de l’alcool plutôt qu’un chocolat chaud, mais c’était une nouvelle preuve que même les pires personnages avaient leur petite part d’humanité. Aux yeux de la jeune femme, celle de Bran était profondément enterrée en lui-même, mais elle ne doutait pas de son existence. À vrai dire, elle n’en avait jamais douté. Pour parler de lui, elle avait utilisé les mots « type louche » et « à éviter » mais jamais celui de monstre. Il lui semblait ridicule qu’à un certain seuil de cruauté, on soit automatiquement disqualifié de l’espèce humaine, alors que c’était bien dans elle, et uniquement elle, que l’on trouvait cette noirceur monstrueuse. En soi, chacun se battait contre elles de son mieux, et les bonnes personnes étaient seulement celles qui y parvenaient.

Je suppose qu’il l’est, lui dit-elle avec un sourire distant.
Son plateau tenu contre sa poitrine, elle s’apprêta à tourner les talons, pensant que cette petite victoire suffirait à Bran, mais fut retenue par les mots qui suivirent. Dos au garçon, elle en écouta toute la longueur dans le silence, le regard ailleurs. Puis, doucement, elle se retourna pour lui faire face, sans s’en rapprocher davantage.

Malheureusement pour les criminels, commença-t-elle, elle existe, cette notion d’argent.
Elle pencha légèrement la tête sur le côté, avec ce sourire, ce sourire léger et pourtant si lourd d’une politesse hypocrite. Elle regarda Bran droit dans les yeux, et les siens s’écarquillèrent quand il se brûla la langue. Retenant un rire – une nouvelle preuve qu’il était bel et bien humain, ce Corbeau -, elle finit par lui dire :

Je peux aller te chercher du sucre, si tu veux. Ça fait des merveilles pour les langues brûlées. Cette fois, elle ne put retenir un air narquois.
Un remède qu’elle avait appris de la cuisinière de l’orphelinat. Penser à elle aussi soudainement peina un peu Cécile, qui se remémorait son sourire rude et ses manières franches avec mélancolie. Elle ne l’avait pas revu depuis qu’elle avait suivi Sissel.

Ça l’est pour toi, oui. Mais un voleur qui voit l’une de tes émeraudes se moque bien de la subjectivité de leurs valeurs.
Elle haussa les épaules, et ne put s’empêcher d’ajouter :

Je te demande juste d’être prudent. Quelle honte ce serait de perdre mon meilleur client.
Elle se tourna vers l’horloge murale du café, en retard de deux minutes. La nuit commençait à tomber, et cela signifiait la fin prochaine de son service. Elle était ravie à l’idée de pouvoir enfin rentrer chez elle. La journée avait été longue, et elle avait un livre qu’elle était impatiente de terminer sur sa table de chevet.

Gentille et douce, alors ? Je suis flattée.
Nouveau sourire.

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