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  “ Tadaima ” ft. Leo


Points : 27
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Kael Haruya
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Mer 18 Mai - 2:52

feat. Kael Haruya & Leo A. Kaiwa


Deux adolescents, deux garçons sont assis côte à côte, serrés sur le petit lit d'hôpital. A gauche, c'est toi. Lorsque tu te penches contre lui, l'autre garçon dégage une douce chaleur qui t'enveloppe. Tu aimes t'asseoir à côté de lui de cette façon, le plus près possible. A travers le store, il pleut des gouttes de soleil. Tu observes sa silhouette à contre jour, nimbée d'une aura dorée. Ses jambes maigrichonnes sont repliées, avec le carnet de croquis posé sur ses cuisses et son genou qui effleure le tien. Ses manches sont relevées sur ses bras pâles et tu réprimes l'envie de retracer du bout des doigts les stigmates qui marquent sa peau nue. Comme au ralenti, son regard glisse de son esquisse vers toi. Il te souris.

Kael se réveille sous le ciel, en plein air. Déboussolé, il cherche le garçon du regard, plissant les yeux dans la lumière trop vive. Un sentiment de panique s'insinue en lui en remarquant son absence. Il lui faut un moment pour se rappeler où il se trouve. Il est pas n'est pas dans son ancienne chambre de l'Institut, mais dans la rue en plein centre ville.
Et Leo n'est pas là.
Il reste un long moment immobile, s'accrochant aux dernières miettes de son rêve avant qu'elles ne s'évaporent. Craignant d'accélérer le processus en s'éveillant davantage. Il ferme les yeux pour tenter de reconstituer sur sa rétine l'image du visage délicat froissé par la concentration, tandis que ses mains fines courent sur la surface du papier avec la légèreté d'un papillon. Il se visualise embrasser du bout des lèvres ses doigts noircis par le fusain, tente de se remémorer la sensation de sa peau réchauffant la sienne. Allongé sur le sol, dans le petit matin, il sent le fond de l'air frais. Il frissonne. Avec un soupir, il rassemble les pans de son manteau ample autour de lui et se décide enfin à quitter le renforcement de mur qui l'a abrité durant la nuit.
La journée s'étire de la même façon que toutes les précédentes. Il erre sans but comme un fantôme, sans prêter attention à ce qui l'entoure. Comme s'il était déconnecté de la réalité. Mais peut-être que rien de tout ça n'est réel, en fin de compte. Excepté ce pied, et celui-ci. L'un après l'autre. Leo aussi est réel. Que fait-il, en ce moment ? Est-il à la maison ? Le studio lui manque, mais Leo plus encore. C'est toi est parti, lui rappelle une petite voix aux inflexions désagréables. Il le hait probablement, maintenant. Et Kael ne peut pas l'en blâmer, après ce qu'il lui a fait.
Une silhouette baraquée se dresse sur son chemin, il le sent à peine quand il lui rentre dedans. Le grand type aboie quelque chose, s'irrite devant l'indifférence de Kael. Dans une sorte de brume, il le voit lever un poing, qui s'écrase sur sa mâchoire. Il sent son corps osciller sous le coup. Le visage qui emplit son champ de vision se contorsionne dans un rictus railleur. « T'as pas l'étoffe pour traîner dans la rue, retourne chez ta mère. » A travers le bourdonnement de ses tympans, Kael entend quelques rires fuser autour de lui.  La douleur le tire de sa douce léthargie. Du revers de la main, il essuie calmement le filet de sang sur son menton et ferme les yeux, excédé. Il ne peut pas s'empêcher de penser à comment Leo réagirait à sa place. Fidèle à lui-même, il répliquerait probablement quelque chose comme « Ma mère est une putain d'éprouvette, espèce de connard ». Il sourit en l'imaginant, avec son regard brûlant de hargne et cette main qu'il aime tellement regarder dessiner serrée en un poing, prêt à en découdre. « C'est quoi ce sourire, tu te fous de ma gueule ? » L'armoire à glace le saisit par le col et approche dangereusement son visage du sien. Sans se départir de son sourire, Kael lève lentement les yeux et plante son regard dans le sien. L'homme écarquille les yeux. Un éclair de terreur traverse son regard et il relâche son étau. Levant la main, Kael achève de dénouer les doigts de sa gorge avant de passer nonchalamment son chemin. Derrière lui, l'inconnu n'a pas bougé, paralysé par le poids des mauvais souvenirs qui l'assaillent.
En s'éloignant, le jeune homme plonge la main dans sa poche ; ses longs doigts se referment autour d'un petit objet métallique. Le double de la clé de l'appartement. Il ne sait pas très bien pourquoi il l'a gardée sur lui tout ce temps, mais la présence de ce léger poids au fond de sa poche a quelque chose d'étrangement réconfortant. Tandis qu'il passe les doigts sur le long du pourtour dentelé, il porte l'autre main à son visage pour palper doucement sa lèvre fendue.
Lorsqu'il s'arrête enfin, il réalise non sans un certain trouble que ses pas l'ont mené instinctivement devant l'immeuble familier. Sans réfléchir, il passe les portes et grimpe les escaliers. Les deux paumes posées à plat contre la porte qui renferme l'objet de ses obsessions, il hésite. Il sait qu'il est à l'intérieur. Il sent sa présence, sans pouvoir se l'expliquer. Ses doigts griffent la surface boisée avant de se replier. Quelques coups résonnent dans le silence, imitant les gestes en morse qu'ils avaient l'habitude de partager. Dans un autre monde, un autre temps.

antarès

Points : 20
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Leo A. Kaiwa
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Mer 18 Mai - 20:50
tadaima
R . I . P   T O  M Y   Y O U T H


Leo est la proie horrible du néant.

Le nez plongé dans sa tasse de café Leo semblait abandonner l’idée d’ego de fierté de dignité de pureté Leo se laissait juste emporter par le poids d’une perte essentielle – dorée. Leo ne possédait que lui-même et sa déchéance. Il a appris qu’il pouvait rester avec quelqu’un quelques semaines et presque tout ressentir mais qu’il pouvait aussi rester des mois sans cette même personne et prétendre vivre.
☆彡  Putain (il se prend sa tête entre ses deux mains) mais pourquoi ? Il parle en ces mots en jetant sa tasse dans l’évier. Avec son rire moqueur, dénué de toute pudeur et tout plein d’hargne qui gonfle son grand cœur.

Il se trouve ridicule – il se donne envie de chialer il se donne envie de vomir il se donne envie de mourir avec ses joues roses et sa blancheur d’étoile. Il ne parle que d’amour d’amour d’amour d’amour putain mais l’amour c’est dégueulasse l’amour ça tue l’amour c’est pour les faibles pour ceux qui n’ont pas confiance en eux-mêmes. Mais peut-être qu’il n’avait pas confiance en lui peut-être qu’il a peur du monde des regards des jugements des rires dans son dos. Leo peut-être que derrière ses airs de feu diminués et d’incendie il avait peur Leo de tout de rien du noir du blanc du monde des regards des jugements des rires dans son dos. Et puis ils sont qui pour mériter ses beaux yeux ils sont qui pour mériter un sourire un regard ou même un cristallin petit rire. Leo il a peut-être tellement peur du monde qu’il n’arrive plus à y faire face.

Le ciel un peu gris cendré un peu orangé Leo est sinistre et fatigué – de l’amour révolté ruisselle dans ses yeux. Il est vraiment fatigué Leo il a envie de s’en aller de rêver de s’isoler. Il va, frottant ses reins musculeux contre les draps flaques cotonneux le lit sur lequel il se sent le mieux. Il cligne ses yeux de rubis hébétés de sommeil faisant mouvoir ses cuisses et ses jambes pour ensuite sentir une présence. Sa présence. Il enfonce ses ongles amarante dans ses oreillers immaculés.

Il veut l’oublier. Il ne veut plus être dépendant de lui.





Points : 27
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Kael Haruya
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Ven 20 Mai - 15:20

feat. Kael Haruya & Leo A. Kaiwa


Seul le silence lui répond.

Dans un chuintement, ses doigts glissent désespérément le long de la surface boisée. Il est là, quelque part de l'autre côté, à la fois proche et hors d'atteinte. Et il ne répond pas. Ça le rend dingue. Il frappe une fois de plus les paumes contre le panneau, dans un geste rageur qui ne lui ressemble pas. Le choc se répercute dans tous ses os et réveille l'élancement de sa mâchoire. Il sent l'hématome fleurir sur sa chair livide et le sang coaguler à la commissure de sa bouche. Il a envie de défoncer cette foutue porte qui se dresse entre lui et son Leo, de la faire voler en éclats et s'acharner sur ses débris comme si elle était responsable de tous les malheurs du monde. Au lieu de ça, il pose le front contre l'encadrement. A quoi s'attendait-il ? Revenir comme une fleur après trois mois sans nouvelle et se faire accueillir à bras ouverts ? Il imagine le garçon devant lui, le regarder avec froideur, comme un étranger. Exactement comme la première fois, avant qu'ils apprennent à se connaître l'un l'autre. Il tressaille. Il a soudain envie de faire demi-tour et fuir à toutes jambes. Mais l'idée de repartir sans avoir au moins revu son visage lui paraît encore plus insupportable. Le corps tremblant comme un drogué en manque, il repêche la clé au fond de sa poche. L'angoisse et l'adrénaline pulsent sous sa peau. La poignée grince un peu et l'obstacle cède enfin. Un pâle faisceau de lumière se répand dans la pièce et il fait quelque pas à l'intérieur. Un miroir se place sournoisement sur son chemin, lui imposant son reflet. Il a changé. Il effleure du regard l'encre de ses cheveux emmêlés, sa peau cadavérique, ses yeux morts couleur ecchymose, le fantôme du sourire qui flotte sur ses lèvres enflées. Avant de détourner le regard, comme s'il avait surprit quelque chose qu'il ne voulait pas voir.

Leo est là. Étendu dans la pénombre sombre et sèche, les jambes légèrement pliées. Enroulé dans ses draps blancs comme s'il cherchait à disparaître dans la solitude de son lit froid. Kael souffle longuement comme s'il avait retenu sa respiration tout ce temps. Il marque un temps d'arrêt sur le seuil, les yeux fixés sur la forme de ce corps familier qu'il devine sous le tissus fin. Sa fébrilité commence à s'épuiser dans la palpitation finale de celui qui sent ses forces lui manquer avant de s'engager dans un voyage en terre inconnue. La tête lui tourne.

antarès

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Leo A. Kaiwa
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Dim 5 Juin - 16:16
tadaima
R . I . P   T O  M Y   Y O U T H


Leo a longtemps fait le malin, à vouloir vagabonder à droite et à gauche, à faire les yeux doux aux inconnus garçons, à trainer des pieds et à tirer la tronche. Il se collait la foutaise au visage, le silence à la bouche, à faire le chieur au lieu de faire le bien.

Leo est détruit. On l’a détruit. Il a grandi dans la haine, l’amour, le dégoût, dans un monde malsain et autodestructeur et tout ce qu’il a fait pour s’en sortir, c’est détester. Détester avec acharnement, aimer avec passion, regarder chaque passant pour lui offrir ce qu’on ne pouvait pas lui a pas offert. Il a toujours été là. Il a toujours été là pour ceux qui en avaient besoin. Il a toujours essayé d’être correct honnête respectueux bon et sincère. Mais ce soir Kael était là après l’avoir piétiné alors qu’il était convaincu, par-dessus tout, qu’on ne voulait pas de lui. Leo aurait aimé que quelqu’un tienne suffisamment à lui pour l’épauler mais personne n’est là, tout le monde s’en va. Tout le monde lui claque la porte au nez parce qu’il est fichtrement et salement instable. Il est triste peut-être déçu de voir que la seule personne à qui il aie décidé d’accorder sa confiance lui tourne le dos. Alors maintenant il s’accroche à son lit. Il s’accroche à son lit et il a l’impression d’être mort et de se traîner ce soir.

Il tourne son visage de lait vers lui et croise ses flammes grises oh elles sont si brûlantes si étincelantes mais il a l’impression d’être vraiment mort et se traîner ce soir. Il ne sait même pas s’il sait ce qu’il ressent. Leo a l’impression de ne plus pouvoir vivre correctement. Leo ses pieds sont aussi fins que ses mains et sa hanche est un peu large à faire envie au plus bel homme, ses rêves étaient pleins de colibris quand il était avec lui et ses rêves étaient toujours comme lui, gracieux et fleuris. Il est rocher, forêt, torrent, fleur et nuage mais tout à la fois vapeur, parfum, bruit, mouvement, amour confus, oiseau muet et sauvage ; Leo continuait d’aimer Kael. Il aurait aimé que ce soit son amant celui qui le fait aller de l’avant.  
☆彡  Tu me dégoûtes. Je ne veux même pas t’insulter, j’en aurais même pas la force. (il s’accroche au draps pour se retenir de pleurer) Et je ne te déteste même pas, tu sais, je m’en fous de toi maintenant. Leo ment. Leo l’aime comme s’il aimait pour la première fois mais il ne pouvait pas le montrer, non, parce qu’il s’accrochait à sa foutue fierté. Il tourne la tête et la dépose sur son oreiller.

Kael de sa claire silhouette il blanchissait l’obscurité.
Mais Leo avait besoin de plus bien plus que ça.





Points : 27
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Kael Haruya
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Dim 5 Juin - 16:59

feat. Kael Haruya & Leo A. Kaiwa


Une brume d'indifférence a toujours recouvert tout ce qui t'entourais. Brouillant les visages, gommant les détails. Le monde qui grouillait autour de toi n'était qu'un océan de couleurs, de bruits indistincts et de formes vagues. Ils finissaient par se fondre en arrière plan et s'évaporer dans un nuage de fumée comme tu n'y prêtais pas attention. Pourquoi accorder de l'intérêt à l'éphémère ? Tu savais qu'ils t'oublieraient comme ils finissaient par tout oblitérer et se volatiliseraient de ta vie de toute façon. Seuls t'importaient ces souvenirs que tu t'appropriais, dont l'intensité irréelle tranchait sur cette réalité terne. Les souvenirs étaient tes meilleurs amis parce qu'eux étaient immuables et ne disparaissaient jamais complètement. Tu les chérissais parce que personne n'était capable de te chérir... Avant lui.

Il n'était qu'un inconnu parmi tant d'autres, un visage perdu dans la foule. Pourtant, dès que vos regards se sont croisés, le voile s'est levé autour de lui et il est entré dans ta réalité. Pour la première fois, tu aimais un autre que toi-même. Tu l'aimais à en crever. Alors pourquoi es-tu parti ? Pourquoi l'as-tu abandonné comme tout le monde t'as abandonné ?


Souffle court, bras ballants, il attend quelque chose qui ne vient pas. Il ne sait pas ce qu'il fait là. Il ne s'est pas préparé à lui faire face. Il n'avait même pas prévu de revenir. Ou peut-être que si. Au fond de lui, il sait qu'il n'a jamais eu l'intention de partir pour de bon. Qu'il est incapable de laisser tomber et s'enfuir loin de lui. Parce qu'il en a besoin comme on a besoin d'air pour vivre.

« Tu me dégoûtes. Je ne veux même pas t’insulter, j’en aurais même pas la force. Et je ne te déteste même pas, tu sais, je m’en fous de toi maintenant. »

Ses mots lui font l'effet d'un poignard dans le coeur mais il s'oblige à ne pas bouger et le dévorer du regard comme s'il voulait graver chaque détail dans sa mémoire  à l'encre indélébile. La petite voix dans sa tête est revenue, Tu le vois peut-être pour la dernière fois.

Leo, si chétif au milieu de ce lit spacieux, trop grand pour une seule personne. Leo et ses cils trop longs, ses lèvres pleines, ses mains si fines. Sa chevelure déployée autour de sa tête comme une auréole, sa poitrine qui se soulève et s'affaise. Leo qui continue de lui tourner le dos et faire comme s'il n'existait pas. C'était prévisible. Kael s'était bercé d'illusions en pensant pouvoir regagner si facilement sa confiance. Mais il aurait préféré qu'il le martèle de ses poings et lui hurle dessus et le couvre d'injures. Tout plutôt que ce calme et cette indifférence qui l'achèvent.

Doucement, comme s'il avait peur de froisser l'environnement sonore, il s'approche et passe les doigts sur l'ourlet lisse et froid du matelas. Le coeur au bord des lèvres, il s'assoit timidement au bord du lit. Ses mains s'acheminent machinalement vers Leo, mais il suspend son geste à mi-chemin. Chaque cellule de son corps réclame son contact, mais il n'ose pas le toucher. En a-t-il seulement le droit ? Alors il s'allonge à côté de lui, dans son dos, son corps frôlant presque le sien sans jamais le heurter. Son visage vient se loger dans le creux entre sa nuque et l'oreiller.

« Je suis désolé. »

Il balance ces mots à la gueule du ciel, les souffle dans l'air entre ses dents. Ils semblent flotter dans la chambre autour d'eux, mais Kael sait qu'ils ne peuvent rien réparer. Le mal est déjà fait. Il lui a fait du mal.

antarès

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