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 Le crime se trouve au fond de la bouteille || Bran


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Ewen P. Rhodes
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Lun 9 Mai - 11:23

Le crime se trouve au  fond de la bouteille
ft. Bran Duvessa

             

L'astre d'or salue son amante d'argent d'une révérence éclatante. Il ne peut qu'attendre qu'elle se meure à son tour pour l'enlacer à nouveau, tenter de la réchauffer pour la voir à nouveau s'évanouir sous ses rayons. C'est à la fois triste et beau, à en déchirer le ciel. Un pas de plus vers la tombe et bien des maux à enfermer dans la boite de Pandore, c'est tout ce qui naît de leurs unions, des enfants bâtards et ingrats qui chaque jour lacèrent le ventre qui les a portés. Le jour se meurt. Encore et en chœur, les étoiles brillent comme mille et une larmes versées sur un cercueil. Entre chien et loup, le ciel se pare d'un voile mortuaire, la palette de ce tableau offert au monde se noircit des envies de la nuit. Les couleurs devraient éclater, dessiner un Turner haut en couleur, nihiliste fatalité parée d'un masque de clown gai. Tout te semble gris pourtant, au travers de la fumée qui se dégage de tes lèvres fines et gercées. Ton regard n'a jamais su voir autre chose que des vanités, encore plus sous ce ciel jaunit, brillant des éclats artificiels de l'inhumaine évolution. Les visages s'enchaînent et les corps se bousculent aux prises avec le courant trop violent de la ville, leurs cœurs battant au rythme d'une montre bien réglée, simples engrenages incapables de s'extraire de cette machine trop bien huilée.

Tu observes distraitement les bâtiments se dresser sur ton passage, comme des dizaines de tombeaux où se meurent les esprits dans une vie trop rangée endormis par des plaisirs trop accessibles. T'as ce mal-être qui te colle à la peau, à l'âme, comme cette odeur de clope trop sucrée pour ne pas te brouiller les neurones. T'en as trop pris, t'en prend toujours trop, tu t'oublies toujours quand tu la tires jusqu'à t'en cramer la raison. Tu n'entends rien, hermétique à une réalité trop vive où tu te refuses d'exister sans elle. Les rires, les injures, et même les pas, tout semble se briser contre le mur infranchissable de ta boîte crânienne. Autrefois, ça te déchirait le cœur, mais avec le temps t'as appris à désorganiser ta cervelle, à noyer les souvenirs dans l'absurdité de tes pensées, tergiversant avec toi-même sans prendre en compte l'extérieur, cette réalité trop rude pour ton cœur d'homme brisé. Tu pestes contre ce monde qui continue de tourner sans ses élans de démence et cette lueur folle qui éclairait ta vie. Lulla. Ce nom, c'est une écharde au fond du palpitant, cette douleur rassurante qui te rappelle que t'as existé un jour, qui continue de donner un sens à ta vie. Sans Caddie, tu serais loin, parti au Pays des Merveilles avec Lulla sans miroir pour te ramener à la réalité.

Les couleurs devraient éclater, dessiner un Turner haut en couleur, nihiliste fatalité parée d'un masque de clown gai. Tu le détestes ce rire, par ce qu'il te fait un bien fou et que t'as pas le droit, t'as pas le droit d'être bien alors que t'as pas su protéger Lulla, t'as laissé la vie te la prendre, ta tendre poupée rapiécée. Tu voudrais aimer Caddie, tu voudrais être un père, un vrai, un quotidien moins détraqué et un avenir serein, mais tu peux pas laisser tomber ce fantôme qui te hante depuis trop longtemps désormais alors qu'elle t'a tout donné. Avant Lulla t'étais rien et t'as l'impression que si tu lâchais prise ne serait-ce qu'un instant tout volerait en éclats, que tout s'effacerait et perdrait son sens, que même Caddie te glisserait entre les doigts. Ça te terrorise, t'en dors pas la nuit, alors t'assommes tes peurs à coup de spiritueuses déglutitions, tu t'endors les neurones les écrasant à même le goulot. Le fond du trou, tu ne le connais que trop bien alors que si tu relèves la tête, tu pourrais t'écraser, te vautrer et embarquer Caddie avec toi. Tu te dis que Lulla ferait mieux, mais la vérité, c'est qu'elle aurait fait une horrible mère dans tes brefs élans de lucidité cette simple idée te glace le sang et tu te maudis d'y avoir songé. Et tout recommence, encore et encore, comme une comédie grotesque, un carrousel foireux qui te files à chaque tour toujours un peu plus la gerbe.

Tu soupires, poussant la porte de verre donnant sur ta résidence d'un coup d'épaule peu convaincu. Tu remontes les marches jusqu'au dernier étage et t'as à peine enfoncé la clé que tu entends déjà les pas de ta fille se diriger vers la porte. Tu t'arrêtes un instant, t'as le cœur serré. Elle t'attend, toujours, elle ne fait que ça, t'attendre et toi, tu traînes, sur les routes, dans les bars ou dans les fonds de verre. N'importe où pourvu que tu puisses oublier que tu n'es pas seul et que tu ne le seras plus jamais aussi infâme puisses-tu être. Tu te résous à pousser la porte d'entrée, ton regard absent se posant sur sa petite tête blonde qui ne te rappelle que trop Lulla. Elle lui ressemble ta gosse, beaucoup trop pour que tu sois à l'aise en sa présence. Y a que ses yeux qu'elle a pris de toi, ce regard un peu con, bien trop tendre lorsqu'il se pose du toi, l'homme misérable qui n'arrive pas à s'accepter. Elle entrouvre ses lèvres pour se raviser. Elle voulait dire "Papa", elle veut toujours le dire, pourtant, elle hésite, elle n'arrive pas à comprendre si ça te plais, où si ça te fait du mal et tu l'aides vraiment pas, probablement par ce que c'est les deux à la fois. Elle ne veut surtout pas te blesser, elle sait que tu souffres déjà trop, même si t'essayes de le lui cacher.

Elle n'a que la gueule de Lulla... Si elle avait été plus comme cette femme infâme que la vie avait placé sur ta route ça aurait été plus simple, si elle ne pensait qu'à elle comme le faisait sa mère, vous vous porteriez mieux. Elle se contente de sourire et de s'approcher pour te défaire du sac de courses que tu te trimbales depuis près de deux heures alors que l'épicerie n'est qu'à cinq minutes. Pas un mot, juste cet éternel sourire qui ourle ses lèvres alors qu'elle tourne les talons se dirigeant vers la cuisine tout en se frayant un chemin entre les jouets épars dans la maison. Tu l'observes s'éloigner, ton regard se perdant sur sa carrure frêle. Tu voudrais te foutre des claques, elle ne mérite rien de tout ça, elle a pas commis de crime cette gamine si ça n'est celui d'exister. Elle a onze ans et elle porte déjà un masque, c'est toi qui lui a appris, elle ne fait que t'imiter, vous restez tous deux planqués derrière vos masques sans jamais oser vous toucher. Tu retires ta veste au cuir usé sans prendre la peine de l'accrocher au porte manteau, la laissant choir sur le parquet de chêne avant de retirer tes Docs défoncées et de les envoyer rejoindre le vêtement. Tu jettes un œil rapide au loft, c'est un véritable fatras. L'endroit est plutôt luxueux, un joli parquet, des meubles épurés et modernes... C'est juste votre foutoir qui fait ressembler le tout à un squat de junkies, les jouets de Caddie recouvrant le sol et les boites de nouilles instantanées éventrées trônant fièrement à côté des bouteilles de bière à moitié vidées où marinent des restes de joints. C'est pas un environnement pour une gosse. Vraiment pas.

Tu enjambes à ton tour les crayons de couleur et les poupées, les conneries qu'on achète aux gosses quand on sait pas quoi leur prendre mais qui ne les intéressent plus une fois passés les sept ans, toi t'en sais rien et Caddie ne te l'a jamais dit, au moins tu joues avec elle et c'est tout ce qui compte. Elle t'a jamais demandé rien de plus qu'être là et même ça, elle ne te l'a jamais demandé, elle prend tout ce que tu lui donnes, mais c'est pas assez, tu le sais. T'es pas un bon père, t'es pas un bon gars, t'es juste un mec con. Tu tires sur ta clope, las, te traînant jusqu'à la cuisine pour rejoindre Caddie affairée à déballer les quelques courses que t'as fait histoire de tenter de pas lui faire bouffer que des plats réchauffés. T'as de bonnes intentions dans le fond, tu t'y prends juste comme un pied. Tu t'empares d'une espèce de courgette orange avec une dégaine, au moins aussi louche que la tienne dans ton vieux jean déchiré et ton T-shirt détendu, et la dépose sur la planche à découper sans prendre la peine de la rincer avant d'ouvrir les lèvres pour prononcer tes premiers mots depuis que t'es rentré.
- Tiens, files moi le couteau que t'as là.
T’accompagnes tes mots d'un vague geste de tête avant de retourner à ton légume. Lui montrer qu'elle est utile, que tu sais qu'elle est là, c'est le mieux que t'arrives à faire. Tes dents s'entrechoquent venant croquer le filtre de ta clope dont les braises viennent s'écraser sur le légume. Tu laisses échapper un :
- Fait chier !
Te reculant pour balancer brutalement ce pauvre légume qui n'avait rien demandé dans l'évier. T'es en rogne, davantage contre toi même que contre le légume, en même temps, ça serait vraiment con. T'es lamentable comme père. Caddie s'approche, tu te crispes en entendant ses pas s'approcher et devinant le regard inquiet qu'elle pose sur toi.
- Tu vas bien ? Tu t'es brûlé ?
Sa voix est hésitante. C'est ta fille et elle n'arrive pas à t'adresser la parole sans devenir nerveuse. Onze année de vie et la moitié des gènes en commun mais vous êtes comme des étrangers.
- C'est rien... T'en fais pas. Va trouver un truc à regarder, j'm'occupe du repas.
C'est un peu maladroit, voire agressif, c'est un peu comme si tu lui disais d'aller jouer sur l'autoroute. T'es pas à l'aise quand elle est là, quand on se soucie de toi de manière générale, elle le devine mais elle sourit quand même. T'as qu'une envie c'est la serrer dans tes bras, pourtant ton corps ne bouge pas, tu restes figé alors qu'elle s'éloigne. Tu grognes te passant nerveusement la main dans les cheveux, dégageant ton chapeau qui atterrit dans le tas de légumes que t'as acheté sans trop savoir ce que c'était. Tu rallumes ta clope, sortant ton téléphone pour tenter de trouver quoi en faire, t'as une bonne dizaine d'appels manqués, sans parler des messages, tous de ton éditeur, t'es en retard sur tes délais, encore. Tu fais vraiment n'importe quoi. Ça te gave, tu finis par poser ton téléphone en abandonnant l'idée de suivre une recette. Tu mets de l'eau à bouillir, avant d'aller t'emparer d'une bière d'il y a quelques jours, la vidant de son contenu d'une traite.  

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Bran Duvessa
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Lun 9 Mai - 13:43




Le Corbeau dansant avec les Ombres
Où allais-tu petit corbeau? Quand le globe dans le ciel vient s'écraser avec lenteur, dans une douceur qui démontre un miracle de la nature, pour laisse place à un autre phénomène spectaculaire qui prends place dans les astres. Un spectacle qu'il aime bien. Ce changement qui prends tout son temps, immuable, un cycle sans fin, mais ce n'est pas ça, non, ce qu'il apprécie dans la révolution terrestre, c'est la preuve que la vie est, sans faire de grands plats, elle ne glorifie pas sa propre existence, elle ne fait qu'être, la mort, la vie, c'est comme le jour et la nuit, ils n'ont pas de commencement ni de fin, ils sont.

Eh merde pensa-t-il, alors que son regard était perdu dans l'horizon couchant, il prit la peine de se relever du banc où il était assis, regarda autour de lui, et avec un sourire amusé, il marcha au milieu du parc pour rejoindre un arbre qui semblait abrité un corbeau, qui ce dit oiseau attendait un événement précis, mais lequel? Bran savait quoi faire, il étendu son bras droit et le corbeau vint prendre place sur son avant-bras, avec ce qui paraissait être un message attaché à sa patte gauche, et le jeune vint prit la lettre et laissa l'animal partir de son bord sans vraiment se soucier où qu'il s'en allait, car il savait qu'il allait retourner, il le faisait toujours, des petites bêtes fiables.  Enfin, Corbeau avait trouvé qu'il s'était assez reposé, il avait besoin d'aller bosser un peu, juste un peu pour dire qu'il avait fait de quoi aujourd'hui, se donner le sentiment du devoir accompli pour se sentir moins paresseux. Une vaine tentative, mais il devait essayer néanmoins. Il prit le temps de regarder le contenu de l'enveloppe, et après une courte réflexion de 2 secondes, il brûla la lettre à l'aide d'une allumette qui traînait dans ses poches et marcha en direction des zones résidentiels du quartier C pour aller rejoindre un… un… Il savait pas comment définir cette personne en fait, et cela l'énervait au plus haut point. C'était qui pour Bran en fait? Une connaissance? Impossible, on ne pense pas à aller souper chez une connaissance, encore moins à connaître sa famille, et de boire avec lui, de le connaître, si la connaissance d'une personne se résume seulement à certains aspects de l'individu, alors Bran connaît beaucoup de monde, mais cette homme, c'est une compréhension mutuelle plus profonde que la simple collecte d'informations habituelle, donc le considérer comme une connaissance est inexacte, même si notre corbeau a de la difficulté à de l'admettre, cela veux dire qu'il le considère d'un niveau plus personnel que la simple relation professionnel.

Il réfléchissait à cette relation alors qu'il marchait avec nonchalance dans les rues tranquilles du quartier est, perdu dans ses pensées, insouciant des masses de gens autour de lui qui rentraient dans leurs petits chez-eux, un mode de vie qu'il avait déjà partager, il y a longtemps, ou du moins, dans ses souvenirs, c'était loin, distant, pourrait-il se remettre à vivre comme eux? Avoir une maison fixe, au lieu d'avoir une cabane dans les arbres pour servir de refuges pour des volées de corbeaux, manger un repas chaud tout les soirs, être ignorant de tout ce qui se passe en dehors des quatre murs qui les protègent des intempéries de ce monde, ignorant… Oui, tout remettre au destin, espérant d'avoir tirer la bonne carte, malgré notre dignité humaine, l'espoir vain qu'un autre nous donneront la vie rêvé si on abandonne notre liberté pour un peu de confort. Peut-être que si les circonstances auraient été différentes, Bran aurait apprécié de vivre ainsi comme il l'avait déjà fait autrefois, quand il était jeune et innocent, quand le monde s'arrêtait là où l'avait considéré, mais aujourd'hui, c'était tout autre. Il était un délinquant endurci de 19 ans, Il en avait vu des vertes et de pas mûrs, des petits crimes jusqu'aux meurtres les plus sanglants, les guerres de cartels, des polices corrompus, des politiciens avares, et pourtant, il était au centre de tout cela, son métier le demandait, d'être là, d'observer, d'agir, de diffuser, de manipuler dans les ombres, dans cette immense forêt de métal et de béton, il était haut perché en train de tout regarder, avec un sourire amusé. C'est à ce moment qu'il venait de réaliser qu'il n'avait pas bougé depuis, qu'il était là immobile à fixer une maison qui lui faisait face, avec une petite famille banale, le père, la mère et les enfants en train de manger à la table, tous insouciants car ils se croyaient protéger de tout, n'est-ce pas ridicule de penser ainsi? Un toit est-il suffisant pour nous protéger? Compter sur les exploiteurs pour défendre les exploités? Leur faire croire qu'ils n'ont aucun pouvoir outre celui de contribuer à leur propre exploitation. Il ria à cette idée, elle lui plaisait car elle était vraie, après tout, c'est nous qui décide pour nous à la fin. Amusé, il continua sa route, combien de temps avait-il perdu avec sa tête dans les nuages? Il l'ignorait, mais lentement, la nuit l'emportait peu à peu, et c'est à cette heure que la vie nocturne se manifeste, un chaos en constant mouvement, et c'est à ce moment qu'on commence à vivre et non plus exister, dans le danger, et l'excitation, mais ce soir, ce soir il allait faire autre chose, au lieu d'être témoin ce soir, il allait être participant actif, avec l'aide de son… Collègue? Hmm, il hésitait encore une fois, car il ne travaillait pas tout le temps avec lui, et c'était plus par envie que par besoin, donc était-ce vraiment un collègue? Non, ce n'était pas plus un collègue qu'une connaissance, parce que malgré lui, Bran appréciait cette personne, même si il souhaitait que ce sentiment ne soit pas réciproque, pour la simple raison qu'il ne voulait pas déplaire à cette personne en fait.

Il y voyait quelque chose d'intéressant, un parcours de vie plutôt hors-norme, critiquer cette personne, ridiculiser et en rire, c'était quelque chose qui faisait amèrement, non pas parce que il avait l'impression de le blesser, mais parce que quelque part il ne voulait pas le décevoir, il ne voulait pas qu'il voit en lui un ennemi, une nuisance, c'était le but recherché mais il ne voulait pas lier un lien qui ferait de lui un ami. C'était complexe, et le corbeau lui-même ne pouvait définir sa relation avec ce divertissant personnage, et cela le peinait de venir à cette conclusion, mais il y avait une image paternel en son égard. Oui, c'était étrange, paradoxal même, il est le premier à admettre le paradoxe qu'il est : seul alors qu'il est avec tout le monde, solitaire malgré l'unité, mais lui, il voulait encore moins s'en approcher, mais pourtant, le voilà en train de marcher en direction de la demeure du monsieur en question, il était proche, il voyait son immeuble pas loin, et avec cette étrange conviction qui l'habitait, il pressa le pas pour y arriver, il commençait à avoir faim après tout. En forme spectrale, les obstacles ne voulait plus rien dire, il passa à travers le terrain des gens, les maisons, envahissant leur intimités sans qu'ils puissent le réaliser ne serait-ce même pas qu'un instant, et il continua à marcher pour arriver devant une large porte de vitre, et avec un nom de bloc chelou: La ribambelle. Il eut un petit rire devant le ridicule de la chose, lui qui allait participer à la vie citoyenne, à la vie familiale, même si il savait que ce n'était pas un foyer parfait, avec un père aimant et une petite épanoui, même si ils étaient seuls, ils avaient l'un l'autre. Soupirant, il monta les marches pour rejoindre le 5ème étage, il y avait seulement deux portes, l'une menait au toit, l'autre menait chez son… ami, Ewen.

Sans crier gare, il passa à travers la porte, et regarda le loft, un petit logis où il y avait un cimetière de bouteilles mortes, ce petit nuage de fumée qui traînait sans vraiment se dissiper, puis il y avait sa petite fille, Caddie, une jeune avec un cœur d'or qui illumine tel un phare. Aussi avec elle, il ne pouvait pas déterminer sa relation avec elle, après tout, un enfant de son âge n'as pas besoin d'un criminel endurci comme le Corbeau qu'il était. Elle regardait la télé alors que son père venait de caler un restant de bière, il décida donc que c'était le moment propice pour son arrivée et donc il reprit sa forme originale pour tout de suite se diriger vers le frigidaire pour en sortir une bière froide et l'ouvrir pour en boire quelques gorgées et saluer son hôte :

-Salut le vieux, toujours en train de ruminer sur une histoire sombre à exploiter pour une nouvelle quelconque?


Avec un sourire qui signifiait tout le ridicule de la situation, il se retourna pour rejoindre le salon et s'asseoir à côté de Caddie pour la saluer plus proprement, elle était bien trop jeune pour regretter, mais il ne souhaitait pas qu'elle perde son innocence. Il vint placer sa main droite sur la tête de la fille pour frotter ses cheveux avec amitié pour lui parler avec un ton amusé :

Et toi petite? Tu va bien?

Il lui tendit sa bière en guise de blague pour lui offrir une gorgée, et en voyant son refus, il lâcha un rire gras pour placer sa tête en direction d'Ewen pour poser une question très pertinente :

-Quand-est-ce qu'on mange?

Évidemment, cela était l'introduction, avant d'entrer dans l'élément déclencheur, Bran allait s'amuser à jouer le rôle du destin, et de décider pour tout le monde, car ironiquement, c'est lui qui se sentait forcé même si dans sa pleine conscience, il savait qu'il était là de son choix, comme la luciole qui essaie de se  rapprocher de la lumière le corbeau s'approchait des restes laissés sur le trottoir pour picorer ce qu'il pouvait, même si ce n'était qu'une maigre substance, cela lui suffisait amplement, un peu de chaleur humaine, c'était tout ce que Bran désirait dans le fond.
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Ewen P. Rhodes
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Mar 10 Mai - 12:31

Le crime se trouve au  fond de la bouteille
ft. Bran Duvessa

             

Tu poses ta bière sur le plan de travail, le regard dans le vide, observant Caddie zapper jusqu'à s'arrêter sur un film chelou, le genre qu'on voit sur les chaînes artistiques, des trucs un peu flippants et tordus qui planquent leurs déviances sous couverts de fins artistiques, un peu comme toi avec tes romans. Ta fille est en train de mater un lapin en papier mâché qui bouffe une espèce d'araignée en métal qui aboie, sur le coup ça te paraît terriblement logique, mais t'as un peu trop fumé et trop bu aussi. Quant à Caddie... C'est probablement qu'elle a dû hériter de ta fascination pour l'étrange et le dérangeant, ce qui tire des réactions involontaires, les plus vraies, celles qui ne s'expliquent pas et que tu cherches toujours à comprendre. Une voix familière te sort de ta rêverie morbide avec l'une de ses habituelles remarques. T'as un léger sourire en réponse au sien. Bran. T'as toujours aimé son humour incisif, ses remarques qui te renvoient à la figure tes tares. T'as toujours préféré ça une compassion que tu ne mérites pas et aux gens qui tentent de t'approcher malgré toi. Avec Bran, c'est plus naturel, une relation faite de vérités tues et de réactions spontanées. Il te fout pas ton nez dans ta merde, c'est pas ça, c'est bien plus complexe et tordu entre vous. Tu l'apprécies, tu peux pas le nier, il te fait marrer aussi, t'as toujours été bon public. La question n'est pas là. C'est justement que tu refuses de les voir les questions, de donner un nom à ce lien qui s'est créé au fil du temps et sa présence qui est devenue comme une évidence, par ce que la nommer serait rendre bien trop réels ces moments de répit qu'il t'offre malgré toi. Tu hausses les épaules avant de répondre d'une voix monocorde.
- Oi gamin, t'es en avance. Ouais, un truc avec des prêtres et des enfants. La foi est une valeur qui se perd de nos jours.
Un bon père ne devrait pas dire ça, jamais. Mais t'es pas un bon père, et Bran n'est pas une assistante sociale. Tu remets tes lunettes en place te retournant, t'emparant du couteau pour décapiter un simili-poivron violet avant de le massacrer en tentant d’ôter les pépins. Tu exécutes la même manœuvre sur ses semblables te retrouvant avec une bouillie amorphe que tu balances dans la casserole où quasiment toute l'eau s'est évaporée et t'ajoutes des épices sans trop savoir à quoi ça correspond. Après tout une fois dans le ventre, c'est pareil. T'as jamais rien compris à la cuisine, t'as jamais vraiment rien compris à grand chose en fait.

Depuis la cuisine américaine t'entrevois le brun s'installer à côté de Caddie, lui proposer une bière qu'elle refuse. Elle tombera pas dedans ta fille, elle fera pas ce genre de conneries, son père en fait pour trente. On peut y voir une forme d'éducation. Caddie ferme les yeux un instant, elle savoure la sensation de ses doigts se glissant dans ses douces boucles blondes pour les ébouriffer. Ça lui fait un bien fou ces gestes tendres que son père n'ose pas avoir envers elle. Elle se contente de sourire en secouant la tête.
- Je vais toujours bien. Et toi?
Même quand ça va pas. C'est presque mécanique comme réponse et c'est terriblement triste. Elle peut pas aller mal ta gamine, par ce que son père va déjà trop mal, elle veut pas être un poids alors elle tait tout ce qu'elle a à dire, ses envies de pleurer, même parfois ce rire que tu aimes tant, elle garde tout pour elle, se fait toute petite par ce qu'elle sait que son existence est un poids même si elle ne comprend pas pourquoi. Toutes ces choses, elle ne les partagera jamais avec toi, des parts d'elle que tu ne connaîtras jamais. Ça te fait un mal de chien, t'en montres rien. Vous vous contentez de vivre vos vies en parallèle sans oser converger vers l'autre. Elle pose ses yeux gris sur la télévision, pour observer le lapin se transformer en papillon. Elle zappe. Les infos. Elle zappe. Elle finit par soupirer et s'arrêter sur les dessins animés, même si elle n'aime pas ça, par ce que les autres enfants en parlent tout le temps et elle n'aime pas les autres enfants, comme toi tu n'aimes pas les gens. Elle tente juste désespérément de se rapprocher de toi, de retracer le cheminement de ta pensée, de te comprendre au travers de ce que tu lui laisses entrevoir de l'homme qui lui a donné la vie, mais c'est bien la dernière chose que tu lui souhaites.

Tu les observes sans répondre à la question, pensif, alors que la casserole fait un boucan infernal dans ton dos. La présence de Bran t'apaise un peu, t'es plus seul avec Caddie, c'est plus simple comme ça, tu te décharges un peu de tes responsabilités et il lui apporte ce que t'arrives pas à lui donner. Il fait un peu office de rempart entre vous, te donne une excuse pour ne pas t'occuper d'elle comme tu le devrais, ça te soulage un peu la conscience, l'espace de quelques secondes, tu respires. Au moins, elle voit du monde. Bran c'est pas un type bien, mais c'est tout ce que tu peux offrir à ta gosse, de mauvaises fréquentations. Faut dire que t'es pas fréquentable non plus. Il est pas forcément gentil Bran, surtout avec toi, mais par ce qu'il peut pas vraiment l'être, ça serait trop simple, c'est pas comme ça que ça fonctionne dans ton monde détraqué. S'il était gentil, tu pourrais pas te laisser l'apprécier autant par ce que ça voudrait dire que t'es plus vraiment seul et ça, t'as pas le droit. Mais avec Caddie, il est bien. Quand il est là la pièce devient moins étouffante et tu vois ta fille un peu plus épanouie que dans vos échanges silencieux. Finalement, vous avez tous deux ce dont vous avez le plus besoin. Ça te soulage de l'avoir dans les parages, c'est une chose que t'arrives à accepter, par ce que même si t'es con, tu penses à ta fille. Tu le veux pas près de toi pour te sentir bien, mais pour qu'elle soit un peu mieux, c'est plus facile à accepter, même si tu sais que c'est pas entièrement vrai. Tu t'allumes une nouvelle clope, tirant mollement dessus avant d'enfin te décider à répondre.
- Ça devrait plus tarder, prend exemple sur Caddie et tiens toi tranquille... Les mômes ça sait plus se tenir.
En fait, t'en sais rien, et surtout, tu t'en fous. Tu dis ça histoire de parler, de meubler ce vide qui t'angoisse dans lequel se glisse toujours la voix de Lulla pour t'intimer les pires horreurs. Tu viens percher ta clope par-dessus ton oreille, retournant à ta tambouille. Plissant le nez lorsque ton regard découvre ton oeuvre, c'est pas très ragoûtant. Tu vides la boite de céréales dedans pour tenter de redonner un peu de consistance au plat, sans réel succès. Après plusieurs romans louches te voilà auteur d'une nouvelle monstruosité, le curry vert aux fruits et légumes avec sa couronne de céréales au miel et son coulis de jenesaisquoi. Les recettes c'est surfait, après tout t'es un rebelle, un vrai. Tu t'hasardes à goûter, t'as déjà mangé pire, mais t'es pas vraiment une référence. Tu récupères ta clope la calant entre tes lèvres avant de servir ta bouillie dans trois assiettes en tentant de dessiner des oursons avec - sans grand succès - et d'aller te prendre une bière au frigo, fraîche, c'est mieux, avec des bulles encore plus. Tu l'enfonces dans ta poche suivie d'une flaque de scotch et une canette de soda, manger équilibré, c'est bien, mais faudrait pas en abuser non plus. Tu empiles les assiettes sur ton bras avec une dextérité digne d'un serveur de palace, trahissant qu'autrefois tu présentais mieux et que t'as pas toujours mené une vie aussi anarchique. Tu viens rejoindre Caddie et Bran devant la télé, tes pas ponctués par le tintement des bouteilles. Arrivé à leur niveau, tu dégages quelques emballages avec ton pied, libérant l'espace au sol pour gagner accès à la table basse. Tu déposes les assiettes sur la table avant de te vider les poches et de te vautrer avec la grâce d'un hippopotame obèse à côté de Bran, t'en servant une fois de plus comme barricade. Caddie n'y prête plus vraiment attention, elle se contente d'observer les assiettes, fascinée par la façon dont tu as réussi à massacrer des produits frais qui avaient l'air plutôt appétissants à l'origine. Elle lève la tête vers Bran laissant sa petite voix s'élever.
- Tu penses que ça peut être considéré comme une tentative d'assassinat ?
Tes traits se font plus doux alors qu'un sourire s'étire sur les lèvres de ta fille. T'as un pincement au cœur. Tu souris doucement décapsulant ta bière sur la table alors que Caddie s'empare du soda.   
- Si seulement c'était suffisant... Bran ferait une bien jolie carpette. On manque de merdes au sol.
Elle rit à ta réponse. C'est si facile de lui arracher ce rire et il est si beau, pourtant tu culpabilises toujours par ce que cette chose qui t'es si précieuse Lulla n'a jamais eu l'occasion de la connaître. Tu retires ta clope pour porter ta bière à tes lèvres et en boire une gorgée jetant un oeil à l'assiette, c'est vrai que c'est vraiment affreux tu sais pas trop si tu dois en rire ou en pleurer. Tu finis par prendre une assiette récupérant des couverts qui étaient déjà sur la table.
- Mangez tant que c'est chaud, ça serait regrettable de gâcher une telle merveille...
Tu ris bas, venant planter ta fourchette dans un légume non identifié observant d'un oeil distrait la réaction des deux autres et cette grotesque reconstitution d'une famille équilibrée. Caddie s'ose à goûter l'étrange mixture, avant de grimacer et de plisser le nez.
- Ça mériterait sa place dans un musée...
Tu prend une bouchée à ton tour en ricanant avant de retourner à ta bière et à la clope.
- Compris, je récidiverai pas. J'me contenterai de te gaver de pizzas et de te revendre à un cirque en te faisant passer pour un éléphant.
Elle rit à nouveau, c'est plus léger, plus détendu, c'est agréable. Tu te laisses souffler un moment, recules pour mieux sauter et retourner à tes démons, ta Lulla, cette pernicieuse araignée que t'as au plafond et qui te tire toujours vers le bas.

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Bran Duvessa
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Mar 10 Mai - 15:34




LE CORBEAU DANSANT AVEC LES OMBRES
C'était une drôle de scène de le voir s'atteler ainsi à sa cuisine, lui qui a toujours une bouteille à la main, mais ce soir, Bran avait un scénario bien précis en tête pour les acteurs qu'ils étaient, des êtres méprisables, des déchets de la société, ou du moins c'est ce qu'on voulait leur faire croire, c'était l'histoire qu'on raconterait à leur égards. Puis quand le corbeau vit que son croassement ne menait à rien, il était en train de fixer machinalement la télévision, cette étrange boîte à image qui déferlait des couleurs à en plus finir, il n'en avait plus l'habitude de regarder ça, il ne pouvait même pas se rappeler d'avoir écouter la télévision quand il était jeune, car il n'en avait jamais posséder, et il n'en comprenait pas l'attrait d'ailleurs, en dehors de ces quatre murs, il y a avait un monde qui ne faisait que nous attendre et Bran jeta un coup d’œil pour observer la petite blondine à sa droite, qui semblait elle-aussi trouver cela ennuyant. Sortait-elle dehors la gamine? Non probablement pas pensa Bran, elle a un enfant à s'occuper après tout, un grand enfant, qui boit dans des biberons de vitres, il faut se le dire, mais peut-être son bonheur était celui de voir son père sourire, les enfants sont d'étranges créatures dans leur manière de voir les choses, encore plus de vouloir sacrifier leur propre bonheur pour celui de leur parent pensait Bran, mais encore, c'était un signe que l'humain était bel et bien capable de compassion, même si elle s'y prenait mal la gamine. Cette petite gamine venait de lui répondre et il afficha un sourire amusé, il s'était retenu d'avoir un sourire moqueur, mais sa remarque était empreinte de sarcasme :

-Oh moi? Je suis toujours triste, à me trimbaler à droite et à gauche, si seulement je pouvais toujours être heureux comme toi, Caddie, peut-être que mon bonheur serait vrai?

C'était chiant comme réponse, mais il savait que celle de Caddie n'était pas vrai non plus, et ce n'est pas en cachant ce fait que tout va aller pour le mieux, mais Ewen était comme ça, et Bran sympathisait avec Caddie, elle ne pouvait pas y faire grand-chose dans sa petite tête de gamine, mais ce n'est pas en étant passif que le changement nous sera positif, et Caddie finirait comme son père, et ça, Bran le savait aussi, quelque chose que son père ne voulait aucunement qu'il arrive, mais qui ne faisait rien pour l'en empêcher non plus, une situation paradoxale qui irritait Bran au plus haut point, car il savait bien que ce n'était pas de la faute du destin ni de la vie mais la leurs, à Caddie et à Ewen, les deux le savaient, mais aucun ne voulait l'admettre, ainsi ce cycle vicieux prenait part à chaque fois.Était-ce la scène qu'il avait planifié? Cela ennuyait le corbeau un peu, mais peut-être que cet ennui était une forme de stabilité dans ce foyer familial, le silence qui enterre les bruits inlassables de la boîte à image, avec ses programmes abrutissants, il y avait une étrange trêve entre les deux acteurs, comme si leur script n'étaient pas connectés, mais après tout, qui était-il pour en juger? Il pouvait bien en rire par contre, ça, il y en avait rien qui ne l'empêcherait de rire du ridicule, ce qu'il fit à voix haute, épris dans le moment présent, il s'y sentait bien.  C'était à ce moment, perdu dans ses pensées qu'il reçu une réponse, une réponse qui avait pris son temps, car Corbeau le savait bien que le vieux pensait pendant 10 secondes, et il se perdait par la suite dans les nostalgies alcooliques qu'on subit quand on a toujours une bouteille en main. Et souriant, il répliqua tout aussitôt d'un ton moqueur :

-Pour quelqu'un qui écrit sur des prêtres et des enfants, on ne peut pas dire que t'es un exemple non plus, au lieu d'abrutir à coup de bible, tu laisse tes enfants s'abrutir devant des images insignifiantes au lieu de s'épanouir…

Il prit une gorgée de sa bière pour marquer une brève pause pour ensuite continuer :

-Et puis, pour écrire sur la foi, il faut l'avoir vécu non? Sinon, on parle à travers de son chapeau. Pas comme si on avait besoin de foi pour bien vivre après tout...

Voilà, c'était simple, avec Ewen, Bran avait l'habitude d'être directe, mais encore plus, de l'attaquer devant sa fille en plus, ce qu'il trouvait dommage mais nécessaire pour ne pas trop s'attacher à Caddie, mais lui-même était venu à la conclusion qu'il était trop tard pour ça, mais c'était son choix de revenir après la première fois, donc il l'avait choisi, et peut-être que c'était mutuel comme sentiment, ils cherchaient chacun un peu de bonheur sans vouloir y goûter vraiment, car ils avaient peur d'en devenir dépendant, car ce sentiment réchauffe encore plus que n'importe quelles bouteilles de fort qu'on peux trouver sur le marché, et quelque part, ils le souhaitent sans trop y croire. Puis Bran décida alors de s'adonner à un petit jeu pour se divertir, il s'ennuyait à regarder des futilités, et il avait deviné que la petite Caddie pensait de même aussi. Le jeune homme prit alors une des bouteilles qui traînait sur le sol  et se mit à souffler dedans pour en faire sortir un son sifflant. Puis, insatisfait, il en ramassa plusieurs pour les placer sur la table et souffla dans chacune d'entre elle pour en faire sortir un son différent et invita Caddie à le rejoindre, et un peu après l'homme au chapeau était en train d'arriver avec la nourriture qu'il attendait depuis son arrivée dans le loft. Il se souvenait de son premier repas ici, et depuis ce temps, il ne se faisait plus grande attente face au talent culinaire d'Ewen, il avait manqué des nouilles au beurres, donc il savait que son estomac allait le regretter si il était pour manger ici . Il avait tort, son estomac n'était pas en train de regretter, il voulait mourir quand Bran avait posé son regard sur les assiettes qu'il venait de déposer sur la table basse, et le Corbeau ne savait plus quoi en penser, il s'était surpassé ce soir, à un point que critiquer la cuisine de l'hôte mènera à rien car lui-même devait savoir que c'était un truc qui était pas mangeable. Il cherchait de quoi à dire, quand Caddie leva son regard en sa direction et lui demanda si c'était une tentative d'assassinat, et son père répliqua que Bran ferait une jolie carpette, et Bran ria avec eux, c'était drôle, et il vint ajouter son grain de sel à la conversation.

-Pour te répondre Caddie, on m'a fait boire du poison qui était bien plus appétissant que cette… bouillasse verte, je sais quoi cuisiner la prochaine fois que je veux faire parler quelqu'un!

Il s'était rapproché pour faire un clin d’œil  à la petite fille et avec un grand sourire, il se retourna pour prendre la cigarette allumé de l'homme et le déposa au sol en disant ces mots :

-Si tu cherche à placer de la merde sur ton sol, pourquoi pas enlever ce que tu as dans la gueule pour commencer?

Puis Ewen les intima de manger, mais Bran tâtait cette étrange mixture de sa fourchette, incertain du goût qu'une telle chose pouvait avoir, si cela avait un goût tout court, l'odeur qui s'en dégageait répugnait un peu le jeune homme, mais il en avait l'habitude à cause de son mode de vie de sans-abris, mais il y a quand même une limite à tout avait-il conclu dans sa tête. Caddie mentionna un musée alors que Bran était inattentif et le vieux répliqua une petite stupidité qui fit rire le Corbeau, il appréciait ces moments, il revenait juste pour vivre un petit souper sur un divan, avec une famille étrange mais aimable dans leur petits défauts, c'était le sens de ses visites, participer un peu à cette famille dysfonctionnel ne serait-ce qu'un temps, ce sont des mémoires à chérir car se sont là des preuves de la bonté humaine, de la chaleur humaine et qu'on est vivant. Assez de sentimentalisme, Bran décida de répondre encore :

-Pour la gaver, faudrait que tu sois en mesure de cuisiner comme du monde pour commencer, ensuite, faudrait que tu apprenne à faire une histoire qui a du sens.

L'assiette en main, Bran se leva pour se pencher devant Caddie, et avec un air enfantin, il se mit à parler :

-Tu l'aime pas la voisine d'en-dessous hein? Moi non plus d'ailleurs, regarde moi bien allez, j'ai une petite surprise à t'offrir ce soir.

Il sortit un vieille appareille photo analogue, un polaroid, de ses poches et avec le plat cuisiné avec tendresse d'Ewen, le Corbeau prit sa forme spectrale pour descendre à travers le plancher et arriver dans le souper de la voisine. Il lança l'assiette en la direction de la voisine et les victuailles hasardeuses vint s'écraser sur le visage de la femme et en la prit en photo pour immortaliser le moment. Profitant ainsi de la confusion crée, Bran quitta sa forme spectrale pendant un cours instant pour subtiliser les plats qui étaient sur la table  et usa de son pouvoir à nouveau pour retourner au loft au-dessus de lui, avec les plats en main qui étaient plus appétissant, du moins d'apparence, pour se retrouver dans le salon, devant le père et la fille, et le Corbeau qui était éclaté de rire. Il vint déposer la nourriture sur la table basse, et donna la photo qui était fraîchement sorti du polaroid à la gamine, et enjoué, il dit :

-Ce soir, c'est moi qui offre!

Il vint se rasseoir au milieu du divan, et il murmura discrètement à Ewen :

-Cela te dit de venir travailler avec moi ce soir?
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Ewen P. Rhodes
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Ven 13 Mai - 2:55

Le crime se trouve au  fond de la bouteille
ft. Bran Duvessa

             

Bran et Caddie jouent alors que tu tentes de te motiver à retourner à ton expérience culinaire, t'entends la voix railleuse de ton invité retentir. Le voilà qui se lance dans des discours moralisateurs, il est bien placé pour parler, savoir ce qu'est une famille fonctionnelle tiens. Mais il a pas de gosse lui. Puis ça te fais plus rire qu'autre chose. C'est pas comme si t'étais du genre à écouter ce qu'on avait à te dire. Ça te fait plus marrer qu'autre chose, de toute façon t'es bien trop perché pour le prendre au sérieux. S'épanouir... Tu t'arrêtes un instant sur le mot. Ouais, épanouie, Caddie est loin de l'être, tu le sais. Tu te contentes de marmonner dans ta barbe en esquivant cette pique, te concentrant sur la seconde.

- Par ce que tu sais c'qui est bon pour les mioches toi ? - Tu t'interromps prenant une mine faussement choquée. - Putain, me dis pas que c'est c'qui t'es arrivé ?! CADDIE ÉTEINT MOI CETTE HORREUR ! - Tu te marres un coup, prenant une gorgée de bière. - Pis t'sais, la foi ne se résume pas à la religion, Jimminy Cricket. Crois moi, je sais ce que c'est... Probablement le plus ravageur des maux, le genre qui te démolis une génération. Pis j'déconnais, détends toi. J'dis pas que j'le f'rais pas un jour pour rire mais j'ai autre chose à foutre pour le moment. - Ouais, comme boire. - T'es pas un peu jeune pour faire des leçons de morale aux vieillards agonisants ?

Tu laisses échapper un rire amer. Oh tu l'as eue la foi, en un avenir meilleur, ce pernicieux poison dont ta femme à abreuvé ton esprit pour te le retirer. C'est cruel de dire ça, elle y pouvait rien, mais elle s'est quand même amusée à écraser tout espoir naissant, t'aimes bien l'idéaliser cette femme infâme, en faire une putain de religion. C'est plus facile à supporter. Tu t'dis que ça avait un sens de rester avec elle, malgré les coups de pute. Puis Caddie a le droit d'avoir un parent décent et c'est certainement pas toi qui occupera cette place. Tu la laisses à Lulla, de toute façon, c'est pas depuis son tombeau qu'elle reviendra te planter un couteau dans le bide. T'aurais l'air sacrément con. Même ça, ça t'avais pas fait fuir. C'était ton premier amour, t'avais rien connu d'autre, puis dans le fond, t'aimais ça, quand elle balançait des assiettes, qu'elle te mettais hors de toi. T'as un putain de problème avec les femmes, vraiment. C'est presque miraculeux que Caddie n'aie pas de tares psychologiques, c'est probablement du au fait qu'elle n'aie eut qu'à te supporter toi. Ou pas. Tu continues de t'accrocher à l'idée que ta femme aurait su retrouver ses esprits, que pour Caddie vous auriez pu être moins cons, à deux, seul tu t'en sens incapable et ça t'arrange bien d'être seul. Une fois le repas - c'est un grand mot - prêt, tu te joins à Caddie et Bran, ta fille balançant quelques piques avant que le brun ne se joigne à la conversation rajoutant un nouveau commentaire sur cette pauvre bouillie. Tu souris faiblement.

- Hé, je vais exiger des royalties ! - Tu plonges ta fourchette dans le plat, triturant la masse douteuse recouvrant l'assiette - Chui un putain de génie. - Trop occupé à te lancer des fleurs, tu te fais taxer ton joint allumé qui se retrouve sur le plancher. Tu viens le récupérer et l'écraser dans une bouteille de bière vide. - T'essayes de foutre le feu à l'appart' par ce que t'es pas content du repas ? - Tu ricanes bêtement, venant taquiner Caddie qui continuait à s'en prendre au repas. Tu plisses le nez à la remarque de Bran - Ça se commande mec, sinon on s'rait morts de faim depuis l'temps.

Tu ricanes doucement observant le petit manège de Bran, tentant de voir où il voulait en venir. Caddie l'observe également, intriguée. Vous restez quelques instants seuls, il y a un moment de flottement. T'y arrives vraiment pas. Tu te contentes de retourner à ta bière alors qu'un cri retentis. Tu hausses un sourcil, Caddie quant à elle se redresse avant de plaquer son oreille contre le sol pour tenter de comprendre ce qu'il se trame à l'étage du dessous. Vous vous retournez tous les deux pour observer Bran revenant victorieux avec le repas du soir. Caddie ne le quitte pas des yeux, tentant de trouver une quelconque révélation sur le visage du brun. Lorsqu'il lui tend la photo elle l'observe et éclate dans un rire franc. Tes lèvres s'étirent en un léger sourire alors que tu observes la nourriture.

- Ça n'a pas l'air trop dégueux, même si ça vaut pas mon curry... Ça m'évitera d'emmener la gamine chez le médecin demain.

Une fois fini avec la photographie, Caddie la pose sur la table, remerciant Bran, bien plus polie que toi, avant de s'emparer de l'assiette et de commencer à manger. Bran quant à lui s'approche te proposant du boulot. Tu hausses les épaules.

- 'Kay.

Caddie vous observe en coin, continuant son repas alors que tu t'hasardes également à goûter la cuisine de la voisine. Caddie sourit, se tournant vers Bran.

- Elle sent la vieille chaussette et un peu le pipi, mais au moins elle cuisine bien.

Elle laisse échapper un bâillement, déposant ses couverts avant de s'adosser au canapé, sombrant doucement. Tu poses ton assiette à ton tour, te redressant et enjambant Bran pour venir enlacer ta fille pour la hisser dans tes bras. Elle se blottis contre toi, les longs fils d'or cascadant dans le vide et un sourire venant éclairer son visage. Des fois, tu te demandes si elle ne fait pas exprès de s'endormir là, juste pour profiter de ces rares contacts avec son père. Quand elle dort c'est plus facile, t'as pas de réaction en face. Tu remontes les marches de la mezzanine surplombant la cuisine pour venir déposer Caddie sur le lit, t'arrêtant un instant en la gardant contre toi, caressant doucement sa petite tête blonde. Elle à l'air si paisible comme ça. T'es pas le genre de père à lui faire des bisous de bonne nuit, lui lire une histoire à la limite, ça t'arrive, quand t'as un peu trop bu et que t'oublies ta barricade. Tes doigts glissent dans ses douces boucles d'or comme ils le faisaient autrefois dans celles de Lulla. Tu soupires, venant embrasser son front. C'est plus simple quand elle dort, quand t'es actes n'ont pas de conséquences. Elle est tout ce que t'as Caddie, ta précieuse enfant. Vous n'avez que l'autre au monde et pourtant, vous n'arrivez pas à vous dire les choses les plus élémentaires, l'ombre de Lulla continue de peser sur vous. Peut-être qu'un jour t'accepteras de t'en défaire et de laisser ta gosse grandir à l'aube d'un astre nouveau. Tu redescends les marches d'un pas léger, reprenant place à côtés de Bran pour finir le repas.   

- Alors ce boulot, dis m'en plus.

Tu vides ta bière, l'envoyant rejoindre les précédentes avant de t'attaquer à ta flasque de vieux scotch, gardant un oeil sur ton interlocuteur.
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Bran Duvessa
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Lun 16 Mai - 9:19




Le corbeau dansant avec les Ombres

Ewen lança plusieurs pointes à l'égard de Bran, qui n'eut comme seule réaction de hausser les épaules et d'en rire. Il s'amusait bien ce soir. Enfin, Bran était sur le divan, en train de manger le repas qu'il avait subtilisé à la voisine d'en dessous qu'il n'aimait guère lui non plus. Un mouton dans une cage de béton pensa-t-il, mais elle savait faire la cuisine, la-dessus, le Corbeau en avait aucun doute. C'était une scène paisible, calme, étrange, le jeune homme n'était pas habitué à ce genre de scène, même si c'était basé sur une illusion, entre les trois, mais ce n'était pas désagréable, juste étrange pour Bran. Il réfléchissait  alors que Ewen passait un commentaire sur son curry, Bran sauta sur l'occasion pour y amener son grain de sel :

-C'est déjà ça, ton curry aurait pu m'étrangler si il l'aurait voulu. Je tiens à ma vie tu sais?

Une petite pointe, le jeune homme rit et il fût remercié par la petite blondinette, et répondit par l'affirmative en lui jouant dans ses cheveux pour les ébouriffer un peu, histoire de ne pas lui donner la vie trop facile. Ensuite, la gamine passa un commentaire critique digne de ce nom, et Bran ria car c'était assez honnête comme commentaire. On peut bien dire que la vérité sort bel et bien de la bouche des enfants, comme Caddie, cette gamine était quelque chose, son père aussi, mais ils n'étaient pas des mauvaises personnes, seulement quelqu'un qui a fait le mauvais choix, et son enfant doit en subir les conséquences. Alors qu'il pensait à ces propos, la petite blonde s'étendit sur son père pour y chercher accolades, et ne pouvant rien faire face à cette action, le Corbeau lâcha un petit rire en déposant son assiette volée sur la table, et cala sa bière cul sec tandis que Caddie s'endormait lentement sur son paternel. Une belle scène, absurde, mais belle néanmoins. Bran décida donc de se lever pour laisser plus de place à la jeune, et décida de se promener un peu dans le loft, histoire de se dégourdir les jambes après d'avoir resté assis en califourchon sur un divan. Puis le jeune homme vit son ami monter les marches, avec la jeune fille en main, et il décida de le suivre, s'arrêtant dans la carrure de la porte pour s'y accoter et observer la scène. Ce n'était pas par manque de confiance, non, il savait que Ewen essayait tant bien que mal pour aider sa fille, mais les chaînes du passée le retenait encore, et cela, Bran ne pouvait rien y faire, sauf critiquer et ridiculiser une telle stupidité, un jour il finira bien par comprendre. Cet instant de réconfort qu'il vit quand il peut éprouver de l'affection envers sa fille, Bran ne pouvait s'empêcher de penser à sa mère. Vivait-elle la même situation? Il ne le savait pas vraiment, et il n'avait jamais vraiment chercher à savoir, parce que cela ne changerait rien au fait qu'elle soit morte. Il décida alors de prendre ce court silence pour commencer une attaque, ou plutôt, pour partager ce qu'il pensait vraiment en ce moment, tout en ridiculisant Ewen. Il lui tint un langage comme ceci :

-La foi, mon vieux, il faut y croire pour l'avoir, l'espoir est en chaque humain, la foi est un résultat du fanatisme. Maintenant, si tu as abandonné tout espoir, c'est ton choix, je le respecte, et je le ridiculise, soyons honnêtes, mais la petite t'a rien fait pour que tu lui fasse subir chacun de tes caprices.

Il se pencha un moment pour ramasser un objet qui traînait au sol, marquant ainsi une courte pause, et il décida de continuer, pour tailler la pierre comme du monde plaisanta-t-il dans sa tête :

-Et puis tu sais? Je suis pas un Jimminy Cricket, mais bien un Tom Sawyers, apprends tes classiques un peu. Pour ce qui est de jouer les moralisateurs avec les vieux agonisants, si ces agonisants prennent les critiques absurdes comme une morale, peut-être qu'il y a un fond de vérité non?


Il éprouvait de la peine pour Caddie quand il y pensait, mais elle n'était pas la seule gamine qui souffrait silencieusement, bien sûr que non, mais Bran jouait le rôle de grand frère mais aussi de médiateur quand il était là. Il admet qu'au début, il était réticent et il faisait tout son possible pour être désagréable avec elle, la ridiculiser, la tourmenter, être mesquin en son égard, mais elle n'avait jamais flanchée, et avec misère, Bran s'était ramolli en sa présence, surtout parce qu'elle devait avoir assez de son père pour lui donner de la misère, mais aussi, parce qu'elle en avait de besoin, de quelqu'un d'autre. C'est un sentiment étrange qui l'envahissait à chaque fois qu'il y pensait, mais il savait bien qu'un jour, il disparaîtrait de sa vie, donc Bran avait décidé de vivre comme il vivait toujours, et de profiter de ces moments au lieu de les plaindre. Il était proche de cette famille dysfonctionnelle

Puis, avec un sourire en coin, il descendit les escaliers pour revenir au salon, et il plaça un bracelet rose flash qui appartenait à Caddie sur son poignet, et satisfait qu'il soit à sa taille, ou presque, il regarda Ewen descendre lentement pour venir le rejoindre, et Bran ignorait les répliques du vieux, intentionnellement pour attendre que celui-ci vient le rejoindre. Il vit le vieux prendre une bouteille de scotch et sourit devant l'image qui se présentait devant lui. Il lâcha un soupir pour reprendre son sérieux, après le petit soupé en famille qu'ils avaient partagés, il était bien temps pour eux de suivre le scénario de départ. Car oui, ce soir Bran jouera une pièce où tous danse sur la musique du chaos et de l'imprévisibilité. Il regarda son interlocuteur avec un regard amusé et commença à raconter le but de sa visite :

-Ce soir, j'ai eu la requête d'un client. C'est une demande pour voler un objet qui lui est précieux, et qui as de la valeur en elle-même. La paye est bonne, très peu de risque que la police nous retracent, encore moins qu'ils aient de preuves concluantes en notre égard si jamais ça tournait au vinaigre.

Il regarda  l'homme qui lui faisait face et décida de continuer avec cette phrase :

-T'inquiète, il va y avoir du danger, assez pour satisfaire tes envies d’adrénaline.

Il prit un une gorgée du scotch pour se donner courage et enchaîna :

-L'objet qu'on recherche, c'est un œuf d'émeraude, qui se trouve dans un manoir du quartier est, qui appartient à un riche paranoïaque. Évidemment, l’œuf n'est pas la pièce maîtresse de sa collection, mais disons que sa sécurité n'est pas de seconde mains. On pourrait se tenter de partir avec d'autres morceaux si l'occasion se présente, mais on restera sur le focus principal, l’œuf.

Il montra par la suite le bracelet qu'il avait sur le poignet, et il se mit à rire, l'absurde, il n'y avait rien de plus divertissant. Après d'avoir laissé son compagnon prendre une gorgée de scotch, Bran dit tout simplement :

-J'emprunte ce bracelet, j'ai envie de m'amuser un peu.

Bran soupira et avec un ton amusé il relança :

-Je sais, je sais, je n'aime pas être flashy ou voyant, mais ce soir, ça se fête! Donc, le vieux, tu est partant ou tes os craquent trop en cette belle nuit?
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